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lundi, avril 15, 2024
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Vacances en pleine pandémie : dans les plages, les populations décrètent la fin l’Etat d’urgence

par pierre Dieme

La fin de l’Etat d’urgence au Sénégal ? En tout cas les populations semblent avoir déjà signé le « décret »​. Malgré la présence du Coronavirus au pays, les vacances ont fortement démarré. Les plages sont envahies par un monde fou à l’instar de celles sur la Corniche. Les Sénégalais ont ainsi repris leurs vieilles habitudes. Notre reporter a fait une randonnée sur la Corniche.

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C’est déjà les vacances. une forte chaleur s’est emparée de la capitale depuis le début du mois de juin. Et le moins que l’on puisse dire est que le « dé-confinement » a libéré les gens qui ont déserté leurs maisons pour le grand air. Apprendre à vivre avec le virus est à la mode depuis que le président Sall a lancé le message. Les rues et autres espaces publics sont ainsi investis au point d’oublier les gestes barrières conseillés pour éviter de choper le virus. Le gel hydro-alcoolique, les masques ne sont plus à la mode comme au début de la pandémie où beaucoup de personnes en disposaient dans leurs sacs. bref, la crainte du début n’est plus d’actualité, nos compatriotes étant habitués au méchant virus qu’ils ne prennent plus au sérieux. 

Dimanche 21 juin dernier. La Corniche refuse du monde. D’un côté, les habitués de cet espace s’adonnent à leur jogging. Si certains sont à pieds, d’autres font leur mise en train à vélo. Les installations pour permettre aux pratiquants de faire la musculation sont prises d’assaut. Des appareils qui peuvent être vecteurs de transmission. Mais les gens ne semblent guère se préoccuper de cet aspect. D’ailleurs, il est rare de voir un d’entre eux avec un masque. Abdoulaye, visage couvert de sueur, s’entraîne sur le sable face à la mer. Les vagues ne le dérangent point. « Je viens souvent à la Corniche pour m’entraîner, une façon de maintenir la forme. Certes, la maladie est bien dans le pays et gagne du terrain, mais on ne peut plus rester confiné dans les maisons avec cette canicule. Je suis un sportif. Je ne peux rester une semaine sans m’entraîner. Je réveille mes muscles. J’ai mon masque dans mon sac. Quand je termine, je fais trempette. Cependant pour rentrer, je porte le masque », explique le quadra avant de reprendre ses mouvements. 

Le masque à rudes épreuves 
De l’autre côté, des enfants, accompagnés de leurs parents, jouent dans une aire qui leur est destinée. rares sont ceux qui ont mis le masque au visage. Idem pour leurs parents. un petit joue et crie avec ses amis sur l’aire de jeu. Il n’a pas de masque sur lui. « Le masque m’étouffe quand je joue, je préfère l’enlever», dit le garçon pressé de rejoindre ses camarades. De nombreux véhicules sont stationnés près du littoral, source de conflit pour bradage. Des bulldozers sont stationnés, prêts certainement à tout détruire. Entre l’hôtel qui est à côté et l’espace vide, il y a une petite ruelle. Des centaines de jeunes de tout âge s’y dirigent. Ceux qui portent le masque peuvent se compter. Ce qui reste de cette partie de la plage est investie par des centaines de jeunes. De petits groupes se forment. Si certains font trempette, d’autres s’adonnent à une partie de lutte. Les plus petits jouent sur la rive. Le décor est également féminin avec de belles demoiselles assises sous des tentes. 

« Nous ne croyons pas à cette maladie »

Avec le bradage du littoral, ce petit espace est envahi par un nombre impressionnant de personnes. Matar, 18 ans, qui vient de sortir de la mer fait sécher ses habits sur une grotte. « Grand, je ne porte pas de masque. Le port de masque me fatigue. Je suis venu avec mes amis. Je t’assure que personne d’entre nous n’a mis de masque. Nous ne croyons pas à cette maladie », lance guilleret le garçon. 
De la minute qui suit, un autre de ses camardes le rejoint. « Matar, j’ai beaucoup nagé. Je me repose un peu », dit-il à son pote. Avant de répondre à notre interpellation. « Le virus est dans l’eau ? Non, non, non grand. On dit qu’il faut se laver les mains et être tout le temps propre. Je pense qu’un nageur remplit tous ces critères », lance le jeune homme avec un brin d’ironie qui fait éclater de rire son ami Matar. 

Aicha, la vingtaine révolue, assise sur une grotte surveillant les bagages de son petit ami, se fait des selfies. « Durant presque trois mois, je n’ai pas vu mon copain. On discutait sur WhatsApp par appel vidéo pour se voir. Mais là, puisque le président de la République a levé les mesures de restrictions, nous nous revoyons à chaque fois que c’est possible. Nous avons pensé venir aujourd’hui à la plage et se divertir un peu. On porte bien des masques dans la rue pour éviter les policiers, mais quand nous sommes seuls, il n’y a pas de masque possible », dit-elle toute souriante. 

Seuls deux policiers pour la surveillance 
De l’autre côté de l’hôtels e trouvant sur la Corniche, deux policiers surveillent la plage. La baignade est interdite. ils sont nombreux à prendre place sur des bancs installés par les vendeurs de poissons grillés. Les plus téméraires ont préféré partir de l’autre côté pour pouvoir se baigner. Amadou Diop demande à ses amis de rejoindre l’autre plage. « Allons de l’autre côté parce que la police ignore que les gens sont de l’autre côté. Il y a plein de monde là-bas », souffle-t-il à ses potes. 

A la « Place du souvenir », des mannequins occupent cet après – midi les lieux. Garçons et filles s’entraînent à bien se tenir sur un podium suivant les conseils de leur encadreur. Le public présent semblait bien apprécier le déhanchement de certaines nymphes. Pour ces naïades, le port du masque ne semble pas être leur préoccupation. Les rares qui en portent l’ont mis au menton comme un accessoire de luxe. A côté, des « rollers » font des acrobaties à donner des vertiges. Assurément, les vacances ont bien démarré à Dakar sans trop se soucier de la pandémie qui n’a pas donné de feu vert pour laisser les gens circuler librement. 

Le Témoin

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