À Mbour, une affaire de violences familiales suscite l’émoi. Selon L’Observateur, un jeune agent municipal de 21 ans a comparu devant le Tribunal d’instance après avoir agressé sa propre mère pour un retard dans la préparation du repas de midi. Derrière cet épisode se cache une relation familiale marquée, selon la victime, par des années de violences, d’insultes et de souffrances.
Une dispute autour d’un repas qui dégénère
Ce qui aurait pu n’être qu’un simple différend familial s’est transformé en affaire judiciaire.
Selon les informations rapportées par L’Observateur, A. Thioune, agent municipal et vigile à la mairie de Mbour, est poursuivi pour avoir insulté et frappé sa mère, B. Sall.
Les faits remontent à la veille de la fête de Tabaski. Ce jour-là, le jeune homme rentre au domicile familial après son service et trouve sa mère occupée aux préparatifs de la fête.
Contrairement à ses habitudes, la mère de famille n’avait pas encore terminé la préparation du repas de midi.
Un retard qui déclenche la colère du fils
D’après le récit présenté devant le tribunal, B. Sall était absorbée par les nombreux travaux liés à l’organisation de la Tabaski lorsqu’elle a été interpellée par son fils.
Ce dernier lui réclame alors son repas. La mère lui demande simplement de patienter quelques instants afin d’achever la cuisson.
Une réponse qui aurait provoqué une réaction violente du jeune homme.
Toujours selon L’Observateur, A. Thioune se serait emporté, reprochant à sa mère le retard accusé dans la préparation du repas. Il l’aurait ensuite insultée et abreuvée de propos injurieux.
Une agression stoppée par les voisins
La situation aurait rapidement dégénéré.
Le prévenu aurait déclaré qu’il était « inadmissible » qu’il soit à la maison sans que le repas ne soit déjà prêt. Dans un accès de colère, il se serait jeté sur sa mère et l’aurait frappée à coups de poing.
Face à la violence de l’agression, l’intervention des voisins aurait été déterminante.
Selon L’Observateur, ce sont eux qui ont porté secours à la victime et réussi à mettre fin à la scène de violence avant qu’elle ne prenne une tournure encore plus dramatique.
Une mère épuisée par des années de souffrance
Après les faits, B. Sall s’est rendue au commissariat central de Mbour pour déposer plainte contre son propre fils.
À la barre du tribunal, la mère de famille a livré un témoignage particulièrement poignant.
Visiblement éprouvée, elle a décrit un quotidien fait de peur, d’humiliations et de violences répétées.
Selon ses déclarations rapportées par L’Observateur, elle affirme assumer seule la charge alimentaire de son foyer malgré le fait que son fils dispose d’un salaire.
Elle reproche notamment à ce dernier de ne contribuer qu’à hauteur de 10 000 FCFA par mois aux dépenses familiales, tout en consacrant l’essentiel de ses revenus à la consommation de drogue et d’alcool.
Le prévenu évoque son addiction
Face au tribunal, A. Thioune n’a pas contesté le portrait dressé par sa mère.
Le jeune homme a reconnu les faits qui lui sont reprochés tout en tentant d’expliquer son comportement par sa dépendance aux stupéfiants.
Selon L’Observateur, il a affirmé que sa consommation de drogue le rendait souvent agressif et violent envers sa mère.
Une justification qui n’a toutefois pas convaincu les magistrats ni le ministère public.
Le parquet réclame une réponse ferme
Considérant la gravité des faits ainsi que la vulnérabilité de la victime, le procureur de la République a requis l’application rigoureuse de la loi.
L’affaire a particulièrement retenu l’attention du tribunal en raison du lien familial unissant la victime et son agresseur présumé.
Après les débats, le juge a décidé de mettre son jugement en délibéré.
Le verdict est attendu le 2 juillet prochain.
En attendant le jugement, maintien en détention
En attendant la décision du tribunal, A. Thioune demeure placé sous mandat de dépôt.

