La Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) a tenu une conférence de presse, ce jeudi 18 juin, à Dakar. Dans ce contexte, Bara Tall, ingénieur polytechnicien et PDG du groupe Jean Lefebvre Sénégal, a prévenu que «la plupart» des entreprises vont connaitre un défaut de paiement de leurs créances à la fin du mois de juin 2026, alors que le pays fait face à une situation de crise financière inédite.
«Nous allons au 30 juin qui est une échéance cruciale pour les institutions financières. La plupart de nos entreprises vont être mises en défaut. On va provionner l’argent que nous devons à ces banques qui n’est pas notre propre argent. C’est de l’argent de nos fournisseurs, de nos banques, que nous avons mis dans les projets que l’État a bloqués. Et au jour d’aujourd’hui, toutes ces entreprises sont bloquées. Le BTP c’est une branche, on a souvent l’habitude de dire quand le bâtiment va, tout va, mais sans aller au fond des choses», a prévenu l’homme d’affaires, au micro de la RFM, lors du journal de 12h.
Lors du conseil des ministres du mercredi 17 juin, le chef de l’État Diomaye Faye a instruit le Premier ministre de finaliser un projet de loi d’orientation stratégique sur le patriotisme économique, destiné à introduire des mécanismes innovants de financement national. En parallèle, et afin de donner un bol d’air immédiat au secteur privé, le gouvernement va accélérer l’apurement progressif de sa dette intérieure. Cette mesure d’urgence sera couplée à un accompagnement public ciblé des entreprises en difficulté, qu’elles soient publiques ou privées.
Mais pour Bara Tall, toutes ces mesures ne sont pas suffisantes dans le contexte actuel. «Il ne s’agit plus d’apurer cette dette intérieure. L’État se vante d’avoir récupéré sur des programmes qu’ils ont arrêtés, le PSD par exemple, 20 milliards FCFA. Combien les entreprises que l’État a arrêtées ont perdu depuis lors ? Je dirais des centaines de milliards en termes de résultats financiers, et surtout en termes surtout de crédibilité», a-t-il soutenu.
Pour rappel, le Sénégal fait face à une menace de crise de liquidité pour le second semestre 2026. Les acteurs du secteur privé sénégalais, regroupés au sein du Conseil national des dirigeants d’entreprises du Sénégal (CNDES), avaient tiré la sonnette d’alarme et appelé l’Etat à des concertations. Les arriérés de paiement de l’État vis-à-vis des entreprises privées, principalement dans le secteur du BTP et des infrastructures, dépasseraient les 300 milliards de FCFA.

