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samedi, mai 18, 2024
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Il faut sauver le sergent du 32 mars !

par admin

En ce vendredi 27 mars, c’est en prenant son ton le plus solennel que le ministre de la Santé et de l’Action sociale, l’omniprésent Abdoulaye Diouf Sarr, présente à la Nation timorée ses comptes d’apothicaire du coronavirus… Après les chiffres alarmants qui annoncent la barre franchie des 100 contaminés, ceux consolateurs de la contribution spontanée de nos compatriotes : 1,3 milliard de nos francs CFA. Nos « milliardaires » tropicaux réunis sous la bannière du patronat multicolore, auraient rassemblé, essoufflés, la colossale somme de 600 millions et des toussotements de francs CFA. Un butin qui sera viré, selon le ministre, « dès le 32 mars » dans le compte du Trésor public dédié à la lutte contre le virus « chinois ».

A n’en pas douter, Abdoulaye Diouf Sarr manifeste des signes de fatigue, même s’il fait bonne figure en présentant un teint frais et son côté le plus photogénique aux caméras et aux flashes. Y a que sa langue qui fourche, jusque-là. Le bon sens populaire le dit si bien : « niân bou nàngou sonal borôm ». Quand on est en politique, jouer les premiers rôles est un but ultime. Le président Macky Sall ayant supprimé le poste de Premier ministre, le raccourci est inévitable : le ministre de tutelle monte au créneau en temps de crise et s’offre jusqu’à une fanfaronnade publique derrière le chef de l’Etat. Un peu comme Karim Fofana qui n’en finit pas de poser il y a de cela quelques mois, quand Sa Rondeur Macky décrète le grand ménage des rues du Sénégal.

A quelque chose malheur est bon ? Ce brave Diouf Sarr, coronavirus oblige, doit rêver debout d’être le premier des ministres dans l’actualité, pour avoir grillé la politesse à ceux des Forces Armées, des Affaires Etrangères et des Finances… Il doit s’y croire déjà : Maire de Dakar aux prochaines locales !

La bataille du Coronavirus s’annonce chaude dans la Presqu’île du Cap-Vert, où convergent toutes les sénégalaiseries qui font le lit de l’épidémie : insubordination manifeste, indiscipline, promiscuité, insalubrité… Bien entendu, il y en aura que nos errements laisseront sur le carreau à la fin du décompte macabre. Si ses chiffres restent acceptables, pour notre héraut de la Santé, la conquête de la capitale est lancée !

Revenons sur terre, et à nos moutons… Pour l’heure, l’urgence est de sauver Abdoulaye Diouf Sarr, le sergent du « 32 mars ». Mission presque surhumaine, non pas parce que le microbe est invincible mais parce que le véritable ennemi est notre propre état d’esprit. Quand pointe le danger, il n’y a pas grand monde à se demander ce qui peut être fait pour ce pays auquel nous devons tout… Nous pleurnichons déjà sur notre sort : Dieu n’entend plus nos prières. La preuve, les affaires ne marchent plus !

Premiers déserteurs, les acteurs du tourisme : hôteliers, restaurateurs, transporteurs… Alors que le personnel de santé est au front, aucun d’eux ne pense à ces braves gens qui frôlent la mort et le virus au quotidien et doivent rentrer chez eux avec du virus dans les manches et les cols. Offrir le gîte, le couvert et le transport à proximité de leur lieu de travail à tous ces personnels médicaux devait être un réflexe naturel. Vous savez bien, la téranga… Rien. Ils préfèrent fermer boutique et quémander l’aide publique pour redistribuer du bénéfice encore et encore en fin d’année, quand tout ceci ne sera qu’un vague souvenir.

Le monde bigarré de la confection ferme boutique, au lieu d’anticiper sur la pénurie de combinaisons, de masques et de gants pour les personnels de santé et de sécurité… Ça préfère se terrer peureusement derrière une apparente crise économique que le corona virus nous ramène au grand galop.

La remise d’impôts de 200 milliards de francs CFA ? C’est l’inverse que les capitaines d’industries devraient demander : un paiement anticipé des impôts sans la moindre exonération, pour cas de force majeure, en exigeant que ce pactole soit consacré à la lutte contre le coronavirus et non pas à des per diem, des voyages et des heures sup’ de fonctionnaires surévalués et mauvais coucheurs…

Disons-le tout net : il n’y a pas un seul Sénégalais de trop (même pas la Fondation Servir le Sénégal) pour vaincre le coronavirus. Seulement voilà : avec la CREI qui va vous demander des comptes quand le calme sera revenu, personne n’est assez fou pour faire étalage de sa richesse. Vous savez bien, les plus riches ne sont pas forcément les plus honnêtes !

Quoi qu’il en soit, aux armes, citoyens ! Faut sauver le sergent du 32 mars…

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