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mercredi, avril 17, 2024
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Boire la manche

par pierre Dieme

Le milieu de terrain fut la grosse déception du match contre l’Angleterre. Krépin, un funambule. Sarr et Boulaye eurent leurs occasions qu’ils vendangèrent. C’est ce qui sépare le haut niveau d’un bon niveau

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Pour ceux qui en doutaient et qui se berçaient d’illusions, la réalité les a rattrapés. L‘Angleterre est au-dessus du Sénégal et cela s’est vérifié sur le terrain. Nous aurons en tout tenu 37 petites minutes. La différence s’est faite par le talent. Il y avait plus de talents en face. Nous avons eu les meilleures occasions au début du match par Boulaye et Ismaïla mais nous ne les avons pas mises au fonds. Soudain, ce qui arrive dans ce genre de match, erreur de placement de Diatta, démarrage et appel de Bellingham sur le cote droit, déviation de Foden, passe de Kane pour Bellingham parti sans être suivi par son demi et parfait centre en retrait de ce dernier entre les jambes de Koulibaly, accouru pour couvrir et voilà Henderson, le moins technique de l’attaque anglaise, tout seul au point de penalty, d’un plat de pied qui ouvre la marque. Du grand art !

Les demi ont commis deux fautes sur cette action : laisser partir Bellingham, ne pas couvrir Henderson. Sept minutes plus tard, bis repetita : récupération de Bellingham, encore lui, sur une attaque sénégalaise, accélération pour se débarrasser des demi, passe à Foden et le voilà qui met koulibaly à un contre deux. Kane a tout le temps du monde pour ajuster le pauvre Mendy – pas dans un grand jour – et marquer : deux à zéro. C’était la dernière action de la mi-temps. L’affaire semblait pliée. Les Lions ne se remettront jamais de ce deuxième but !

La seconde mi-temps vit une Angleterre conquérante, sûre et confiante de sa force et des Lions de la Teranga bien dociles. Le sursaut attendu ne vint pas. Les changements effectués ne furent que des changements d’hommes, mais la bataille était ailleurs. Elle était tactique et elle était gagnée par Southgate. Aliou ne la contesta pas. Il n’avait sûrement pas les moyens de le faire. Le troisième but de Saka, à l’heure de jeu, fut une copie conforme du premier. Démarrage de Foden sur la droite qui embarque les demi-centres venus couvrir, centre en retrait pour Saka qui, malgré Jacobs venu tacler, d’une pichenette malicieuse trompe Mendy. Les pommes de terre étaient cuites.

Voilà le résumé de ce match à oublier bien vite. Le talent se trouvait indiscutablement du coté de l’Angleterre. Jude Bellingham fut un véritable poison, (on aurait dû envoyer des cambrioleurs chez lui). Il fut à l’origine de tous les buts anglais. Il a 19 ans. Il donna un amour de centre en retrait à Henderson pour son premier but, fut impliqué sur le troisième but de Saka et enclencha sur un modèle de contre-attaque, l’action du deuxième but de Kane.

Nous savions que l’Angleterre avait une attaque de feu. Elle le prouva. Nous pensions que notre défense était forte, mais elle ne l’était pas. Elle l’est quand elle est protégée par trois demi-défensifs, sinon elle est vulnérable. Elle le montra sur ce match où elle fut souvent prise à défaut. Diallo fut inexistant, souvent mal placé, lent et pas accrocheur le moins du monde. Il fit souvent les mauvais choix. Étonnant qu’il ait fini le match. Le milieu de terrain fut la grosse déception de ce match. On mesure en leur absence, le rôle important que jouaient Kouyate et Gana comme protecteurs de l’axe central. Nampalys et Ciss ne furent jamais à la hauteur. Koulibaly montra, comme à l’accoutumée, une bonne combativité mais fut battu sur les buts parce que couvrant sans cesse les manquements de ses collègues. Il manqua toujours ce liant pour approvisionner l’attaque.

Ismailla et Illiman furent tout le temps obligés de revenir rechercher les ballons ce qui facilita grandement le rôle des latéraux anglais pour les contenir et les obliger à jouer en arrière. Krépin fut un funambule à son habitude et on se demande quel secret de sang le lie au coach pour qu’il soit systématiquement dans son 11 de départ. Il n’a pas sa place dans les 26. Il fut une véritable âme en peine sur le terrain.

Avant cette 37e minute, nous jouâmes parfaitement bien, pressant haut les Anglais et Maguire et Stone furent souvent à la peine et commirent de nombreuses fautes. La balle était vivante et notre pressing ne laissa pas le temps aux Anglais de s’organiser. C’est en ces moments que Sarr et Boulaye eurent leurs occasions qu’ils vendangèrent. Ce sont ces moments qu’il faut savoir répéter infiniment dans le haut niveau et marquer dans ses temps forts. Nous eûmes 10 tentatives de tir dont une seule fut cadrée et zéro but à l’arrivée. L’Angleterre eut huit tentatives dont quatre furent cadrées et ils marquèrent trois buts. C’est ce qui sépare le haut niveau d’un bon niveau. C’est ce qui nous reste à apprendre.

Vive les Lions !

Tidiane Sow est coach en communication.

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