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lundi, avril 22, 2024
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Affaire PETROTIM: Beaucoup de complaintes, pas un seul procès !

par pierre Dieme

Il y a de cela un an, une enquête de la Chaine anglaise BBC avait révélé, des actes supposés de corruption dans ce qui est convenu d’appeler l’Affaire Pétro-Tim. 

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Cette affaire impliquait l’homme d’affaire Frank Timis, le frère du Président Aliou Sall et la société BP. Il s’en est suivi beaucoup de polémiques, la démission de Sall-frère de la Caisse de dépôt et de consignation, mais surtout l’ouverture d’une enquête d’abord au niveau de la Dic, mais aussi, par la suite, par le Doyen des juges. 

La procédure qui a semblé à beaucoup ‘’inhabituelle’’ avait commencé par un appel à témoins, l’audition de beaucoup de personnalités, celles dont l’agitation autour de cette affaire était connue.

Aujourd’hui, l’aboutissement de toute cette affaire, c’est qu’il n’y a rien. Ou, du moins, la Justice n’a rien trouvé d’anormal.
Cette enquête faisait également suite à beaucoup de plaintes annoncées sur l’affaire bien avant d’ailleurs l’enquête de la BBC.
Une plainte de Frank Timis contre des personnalités politiques sénégalaises avait été annoncée. Ainsi qu’une plainte de ces dernières contre Frank Timis et Aliou Sall.
Mais, il n’y a jamais eu de procès. Ni au Sénégal ni ailleurs sur l’acquisition par la société Timis Corporation, de droits d’exploration de gisements de gaz dans notre pays. 

En 2016 déjà, une plainte de Frank Timis visait 11 personnalités politiques et de la société civile du Sénégal. Depuis, rien !
Alors, il n’est pas étonnant que le juge chargé de l’enquête n’ait aussi rien trouvé. Quand le Président Sall enclenchait la procédure, nous étions tous sceptiques. L’appel à témoin d’abord à la Dic puis devant le juge avec exactement le même procédé pour recueillir les mêmes témoignages avec les mêmes personnalités, pose problème.

Jamais dans les affaires Karim Wade ou Khalifa Sall, ce type de procédure n’a été usité. L’implication du frère du Président ou en tout cas, sa désignation rendait la tâche de recherche de la vérité presqu’impossible. 

Pourtant, l’affaire met en avant un conflit évident d’intérêt exactement comme dans celle des oryx morts entre les mains du ministre de l’Environnement.
Quand on a en charge les affaires publiques ou quand on est trop proche d’une haute personnalité, on ne peut pas se permettre de poser certains actes qui pourraient être, à juste titre, à polémique. 

Les actes que les derniers rapports de l’Inspection générale d’Etat (Ige) dénoncent sont récurrents et sont malheureusement impunis.
Notre degré de malgouvernance est tel que certaines personnalités se croient intouchables parce qu’à l’abri de poursuites judiciaires même si elles sont prises en flagrant délit.
La réalité élémentaire est que Macky protège ses proches. En tout cas, il ne les fait pas poursuivre.

Notre Justice devient alors celle des vaincus qui, avec beaucoup de célérité, vont en prison dans des procédures expéditives et punitives. L’affaire de la Caisse d’avance de la Mairie de Dakar et la réactivation de la Crei pour juger Karim Wade sont là pour en attester. 

C’est peut-être une des raisons pour lesquelles nos institutions de contrôle, (Cour des comptes, Ofnac, Ige, etc.) mettent beaucoup de temps à publier leurs rapports.
L’Ige vient seulement de publier les rapports 2016, 2017, 2018 et 2019. Idem pour la Cour des comptes dont le rapport 2019 est toujours attendu. 

Le virage que nous avons raté est justement celui de la reddition des comptes. La délinquance à col blanc ou la prévarication de hauts fonctionnaires a installé durablement ses quartiers chez nous et sape dangereusement tous nos efforts de développement. 

Tous ceux qui travaillent d’une façon ou d’une autre sur ces dossiers, savent que le combat est perdu d’avance. Qu’il s’agisse de foncier, de véhicules de fonction, de recrutement, de passation de marchés, etc.la concussion, le trafic d’influence, les détournements et les actes de corruption et délits assimilés font légion.
Et aucune institution n’a encore réussi à faire renverser la tendance. 

REWMI | Assane Samb

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