Interpellé par le journaliste de la BBC, sur une accusation à caractère sexuel qui aurait visé le chef cuisinier de l’équipe nationale du Sénégal durant le séjour de la délégation, le président de la Fédération sénégalaise de football a expliqué les circonstances dans lesquelles il avait été informé de l’affaire. Il affirme qu’aucune plainte formelle n’a été transmise à la Fédération et considère, au regard des éléments en sa possession, que l’incident est désormais clos. Le président dit avoir été informé alors qu’il se trouvait à Mexico
L’affaire a été évoquée au cours d’un échange avec la presse. Le journaliste a interrogé le président de la Fédération sur une accusation à caractère sexuel impliquant présumément le chef cuisinier engagé pour accompagner l’équipe nationale du Sénégal.
La question portait notamment sur les conditions dans lesquelles les responsables fédéraux avaient été informés, le rôle joué par la Fédération dans le retour de l’intéressé au Sénégal, l’existence éventuelle d’une enquête interne et les accusations de dissimulation ou d’étouffement de l’affaire.
Dans sa réponse, le président de la Fédération a indiqué qu’il se trouvait à Mexico lorsqu’il a été informé de la situation par l’intendant général de la délégation.
Il assure avoir immédiatement demandé à ce dernier de rencontrer le chef cuisinier afin de recueillir sa version et de comprendre précisément ce qui s’était passé.
Une discussion avec une employée à l’origine de l’incident
Selon les explications fournies par le responsable fédéral, l’affaire serait partie d’une conversation entre le chef cuisinier sénégalais et une femme prénommée Marta, qui travaillait au niveau du restaurant.
Cette discussion aurait été « mal appréciée » par l’intéressée, qui aurait ensuite saisi sa hiérarchie.
Informé de la situation, l’intendant général aurait rencontré le chef cuisinier, en compagnie du directeur des sports. Au cours de cet échange, le membre de la délégation aurait reconnu avoir discuté avec la dame, tout en présentant cette conversation comme un échange amical.
D’après le président de la Fédération, le chef cuisinier aurait nié toute intention d’entretenir une relation avec elle ou d’adopter un comportement déplacé.
La police américaine se serait rendue auprès de la délégation
Le président a également confirmé que la police avait effectué une visite après une déposition présumément effectuée par la dame.
« Il y a eu la visite de la police, on a échangé », a-t-il expliqué, sans donner davantage de précisions sur la nature exacte des démarches menées par les autorités américaines.
Il affirme cependant que la Fédération sénégalaise de football n’a reçu aucune plainte formelle concernant cette affaire.
Le responsable fédéral soutient également qu’aucun élément factuel porté à sa connaissance ne permettrait d’étayer l’accusation visant le chef cuisinier.
Un rapport de la police américaine reçu par la Fédération
Le président de la Fédération a par ailleurs révélé avoir récemment reçu un rapport de la police américaine relatif à cet incident.
Sans dévoiler le contenu détaillé de ce document, il estime que les informations dont il dispose permettent de considérer le dossier comme clos.
« Pour moi, c’est un incident qui est clos », a-t-il déclaré.
Cette appréciation reste toutefois celle du dirigeant fédéral, qui n’a pas précisé si une décision officielle des autorités judiciaires américaines avait été rendue dans cette affaire.
Le président évoque une différence de contexte culturel
Dans son argumentaire, le président de la Fédération a insisté sur la nécessité, pour les membres d’une délégation voyageant à l’étranger, de tenir compte du contexte culturel et social du pays d’accueil.
Selon lui, certaines personnes ont l’habitude de plaisanter, de taquiner ou d’engager spontanément des conversations, sans nécessairement mesurer que ces attitudes peuvent être différemment interprétées hors de leur environnement habituel.
Il reconnaît ainsi que le chef cuisinier n’avait peut-être pas suffisamment pris en compte cette différence de contexte.
« Il y a des gens qui ont tendance à taquiner les autres et à échanger comme ça, mais c’était purement amical. Il y a aussi des gens qui ne l’apprécient pas, parce que vous n’êtes plus dans votre contexte », a-t-il expliqué en substance.
« Je ne peux pas imaginer de telles accusations contre lui »
Le président a enfin tenu à défendre personnellement le chef cuisinier, qu’il présente comme une personne âgée qu’il respecte beaucoup.
Il l’a décrit comme un homme réservé, souvent muni de son chapelet et ayant même des difficultés à engager la conversation avec les autres.
Sur la base de cette perception personnelle, il a déclaré avoir du mal à imaginer que l’intéressé puisse être à l’origine des faits qui lui ont été reprochés.
Cette défense repose néanmoins sur l’appréciation personnelle du président, tandis que l’incident avait bien entraîné, selon ses propres déclarations, une saisine de la hiérarchie de la plaignante et une intervention de la police américaine.
La Fédération affirme donc n’avoir cherché ni à dissimuler ni à étouffer l’affaire. Elle considère que les échanges menés avec le membre de la délégation et les éléments transmis par les autorités américaines ne permettent pas, à ce stade, de soutenir formellement l’accusation.

