Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, a vivement critiqué le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, à la suite de ses récentes déclarations sur une éventuelle motion de censure contre le gouvernement. Dans une publication au ton particulièrement virulent, le leader du parti AWALÉ – JÁMBAAR YI l’accuse de méconnaître les procédures parlementaires et de s’éloigner des principes républicains.
La tension continue de monter entre des membres de l’exécutif et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
Dans une publication diffusée ce lundi, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, n’a pas ménagé le leader de Pastef. Sans le nommer explicitement, il fait clairement référence au président de l’Assemblée nationale en des termes particulièrement sévères.
« Thiey Sénégal ! Voilà ce qui arrive quand un député resquilleur arrive au perchoir de l’Assemblée nationale ; les procédures vous passent par-dessus la tête sans que vous n’en saisissiez la substance ; la morale que vous distillez vous étouffe par votre incapacité à pouvoir l’incarner ; la rigueur de l’analyse se dérobe sous le poids d’une vacuité intellectuelle criarde ; la vérité cède le pas à la manipulation outrancière qui fait le lit d’une révolution de perlimpinpin, sans guide consistant. La République ! Rien que la République ! »
Cette sortie intervient au lendemain du discours prononcé par Ousmane Sonko à Mbacké. Le président de l’Assemblée nationale avait mis en garde le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Al Aminou Lo contre toute remise en cause des contrats renégociés lorsqu’il dirigeait la Primature. Il avait également évoqué la possibilité d’introduire une motion de censure contre le gouvernement si celui-ci revenait sur ces décisions.
Les propos d’Abdourahmane Diouf s’inscrivent dans une série de réactions au sein de la majorité. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Al Aminou Lo avait lui aussi publié un message sur le patriotisme, estimant que « chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient, précisément, à le trahir », un message interprété par plusieurs observateurs comme une réponse indirecte à Ousmane Sonko.
Ces échanges témoignent des tensions qui traversent actuellement le sommet de l’État autour de la conduite des réformes et des rapports entre l’exécutif et le président de l’Assemblée nationale.

