Prenant la parole lors de cette séance de questions d’actualité, le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur a rappelé que la crise malienne constitue un défi existentiel majeur pour toute la sous-région ouest-africaine. « La crise du Mali pose des défis politiques, sécuritaires et humanitaires dans la sous-région », a déclaré Cheikh Niang. Sans dévoiler les détails des négociations stratégiques en cours, il a insisté sur la nécessité absolue de maintenir un canal de dialogue constant avec les autorités de transition à Bamako. « En diplomatie, on ne livre pas tout en public. Mais ce qui détermine notre conduite, c’est le dialogue avec le gouvernement malien », a-t-il explicité.
Le chef de la diplomatie sénégalaise a réaffirmé que Dakar privilégie une approche fondée sur la responsabilité partagée et la solidarité historique entre les deux nations sœurs. « La stabilité du Mali est une condition essentielle de notre survie sociale », a-t-il soutenu.
Le Sénégal mène également un plaidoyer auprès des partenaires internationaux afin d’éviter l’isolement diplomatique et économique du Mali malgré le contexte géopolitique tendu. « Nous faisons un plaidoyer pour que les partenaires n’abandonnent pas le Mali et que tous les soutiens internationaux puissent lui être accordés », a ajouté le ministre.
Collaboration transfrontalière
Sur le plan opérationnel, le ministre des Forces armées, Birame Diop, a évoqué l’existence d’un important dispositif sécuritaire déployé dans les zones sensibles du territoire, tout en rappelant les impératifs de confidentialité liés à la défense nationale. « Nous avons une présence dissuasive capable de prendre en compte toute crise », a assuré le général à la retraite.
Selon lui, les forces de défense et de sécurité sénégalaises travaillent dans une logique de prévention et d’anticipation afin de sécuriser les zones exposées aux risques d’incursions terroristes ou de déstabilisation.
Le ministre a également appelé les populations vivant dans les localités frontalières à collaborer davantage avec les unités présentes sur le terrain. « Les populations doivent partager ce qu’elles voient et entendent », a-t-il insisté, soulignant l’importance du renseignement humain dans la lutte contre les menaces asymétriques.
Birame Diop a enfin mis en avant la coopération militaire avec plusieurs partenaires internationaux ayant, selon lui, « un intérêt stratégique à ce que le Sénégal reste un îlot de paix ». Les autorités sénégalaises et maliennes poursuivent par ailleurs leurs échanges à travers des commissions mixtes chargées du partage de renseignements et du suivi des flux transfrontaliers. Pour le Gouvernement, cette coordination diplomatique et sécuritaire demeure essentielle pour prévenir toute extension de la crise sahélienne au Sénégal.
Salla GUEYE

