La prévalence du tabagisme classique poursuit sa baisse au Sénégal. Elle est passée de 6 % en 2015 à 4 % en 2026, tandis que chez les hommes, elle a reculé de 11 % à 9 %, soit une diminution relative de plus de 25 %, a annoncé vendredi à Kaolack le coordonnateur du Programme national de lutte contre le tabac (PNLT), Dr Oumar Bâ.
S’exprimant lors d’une journée de restitution des résultats de l’enquête Global Adult Tobacco Survey (GATS) à l’intention des professionnels des médias, le spécialiste des maladies respiratoires a salué cette évolution, tout en alertant sur l’apparition de nouvelles formes de consommation du tabac.
Selon l’APS, cette rencontre s’inscrit dans une série de sessions de sensibilisation déjà organisées au profit des forces de défense et de sécurité, des gérants d’hôtels, de restaurants et d’autres responsables de lieux publics, avec l’appui des autorités administratives et de la direction régionale de la Santé.
Dr Oumar Bâ a notamment mis en garde contre la progression des cigarettes électroniques et des nouveaux produits du tabac, qui séduisent de plus en plus les jeunes. « Derrière ces chiffres-là, d’autres problèmes sont apparus notamment les cigarettes électroniques, les nouvelles formes de tabac qui commencent à être prisées et très diffusées dans le pays, particulièrement par les enfants, qui sont la véritable cible. L’enquête l’a montré », a-t-il déclaré.
La rencontre a également permis de rappeler les dispositions de la loi n°2014-14 du 28 mars 2014, qui encadre la fabrication, le conditionnement, l’étiquetage, la vente et l’usage du tabac au Sénégal.
Toutefois, le coordonnateur du PNLT a regretté que l’interdiction de fumer dans les lieux publics soit encore insuffisamment respectée. Malgré des progrès, de nombreuses personnes restent exposées au tabagisme passif dans les bâtiments administratifs, les hôtels, les bars et les restaurants.
Il a rappelé que le tabagisme passif accroît le risque de maladies graves telles que le cancer, l’hypertension artérielle et les maladies cardiovasculaires.
Autre sujet d’inquiétude : « L’âge d’initiation au tabagisme est de plus en plus précoce, parce qu’avant dix ans déjà, certains enfants commencent à toucher le tabac, parce que l’enfant ne fait qu’imiter ce qu’il voit », a averti Dr Oumar Bâ.
Environ 1,6 million de Sénégalais, soit 15 % de la population, y sont exposés à domicile. Dans les lieux de travail en intérieur, cette proportion atteint 21,1 %.
Les taux d’exposition restent particulièrement élevés dans certains espaces publics : 25,4 % dans les universités, 24,8 % dans les restaurants, 15,4 % dans les bâtiments administratifs, 11,7 % dans les transports et 6 % dans les établissements de soins.
Moussa Ndongo

