Ce week-end, nous avons assisté, un peu partout à travers le pays, aux élections des Conseils Consultatifs de la Jeunesse (CCJ). Cette instance locale du Conseil National de la Jeunesse (CNJ) est particulièrement importante. D’une part, elle institutionnalise et formalise la participation des jeunes à la gestion des affaires publiques locales ; d’autre part, elle contribue de manière décisive à leur formation à la citoyenneté active.
Je félicite les candidats issus des rangs de la JPS sortis victorieux dans leurs communes et j’encourage également ceux qui n’ont pas été élus à persévérer sur le chemin de l’engagement communautaire permanent. C’est seulement à ce prix et en restant intègres qu’ils peuvent regagner la confiance de leur pairs et espérer gagner le prochain scrutin.
Il est certes évident que ces élections sont non partisanes mais cela ne leur retire pas non plus leur caractère éliment politique.
Vu sous cet angle, force est de constater que la déroute de la plupart de nos jeunes candidats qui dans leur communes se réclament de notre parti doit nous interpeller. Elle révèle un niveau d’impréparation stratégique des jeunes de notre Parti pour aborder convenablement cette étape cruciale dudit processus électoral.
À mon sens, les raisons de cet échec électoral sont nombreuses et s’apprécient à la fois aux niveaux interne et externe de notre Parti mais nous nous y reviendrons en détail prochainement. L’objectif étant ici juste de sonner l’alerte afin de provoquer une prise de conscience au sein des instances nationales de notre formation politique, pour une meilleure prise en charge des aspirations professionnelles et citoyennes de la jeunesse patriotique. Cela implique en amont, d’après nous, au plan théorique de questionner la notion de révolution.
À ce titre, il est important, en effet de préciser que la révolution ne saurait être permanente. Après avoir permis de conquérir le pouvoir politique en bousculant les structures sociales existantes, elle doit désormais œuvrer à la transformation de la réalité sociale en remobilisant ces mêmes structures mais cette fois ci avec une contenu révolutionnaire dans les actes et dans le discours. L’histoire nous enseigne que partout où la révolution a voulu être permanente par la violence physique et verbale, elle a fatalement été balayée par la réaction. Une révolution sans rotation sociale qui promeut les jeunes (mobilité sociale) débouche indubitablement sur un immobilisme politique, économique et social qui mène droit à l’impasse.
Cette impasse renforce les forces réactionnaires tapis dans l’ombre dans les corps sociaux qui guettent le bon moment pour instrumentaliser la colère des couches sociales, notamment la jeunesse, afin de la transformer en levier politique pour reconquérir l’État. Les élections de ce dimanche qui attestent du contrôle effectif des instances locales de jeunesse par l’opposition semble confirmer cette thèse.
Alors, la leçon politique qu’il faut en tirer est la suivante : nous devons éviter de cantonner la jeunesse de notre Parti dans une posture uniquement de sentinelle ou de bouclier. Elle doit voir à présent sa propre condition sociale s’améliorer par le travail. Si c’est le contraire la frustration risque de s’installer dans ses rangs et promouvoir la chien lit qui sera fatal au projet comme elle l’a été contre le gaullisme en mai 68.
Il est donc urgent pour notre Parti de réévaluer la place accordée à sa jeunesse dans l’exercice du pouvoir politique et dans le débat démocratique interne dans le Parti. Dans cette perspective l’une des questions fondamentales que devra trancher le prochain Congrès est la suivante : doit-on maintenir nos jeunes en permanence en ordre de bataille, ou faut-il les mettre enfin en ordre de travail ?
Autrement dit, comment transformer l’énergie de la révolution en une discipline de construction nationale sans perdre l’âme militante ?
Mon intime conviction est qu’ayant conquis le pouvoir d’Etat en mars 2024, notre jeunesse n’a plus besoin d’être uniquement conditionnée pour des joutes électorales continues, mais plutôt d’être mise en ordre de travail pour transformer le pays et convertir son mal-être en bien-être collectif. Pour ce faire, elle a besoin d’être accompagnée, non pas par des nominations systématiques dans la fonction publique, mais par la formation en entreprenariat et le financement.
Pour éviter l’impasse la JPS (Jeunesse Patriotique du Sénégal) doit sans doute se muer rapidement en une école de cadres et un incubateur de projets communautaires pour mieux engager les jeunes des villes et de la campagne dans la réalisation du Projet.
C’est possible avec la JPS !
Excellente semaine
Aldiouma Sow
Pastef les Patriote

