En mai 2026, au Sénégal, le président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), Moustapha Kâ, a fait état d’un bilan préoccupant concernant l’application de la loi sur la déclaration de patrimoine. Le magistrat avait révélé que sur un total de 1 594 assujettis recensés, seules 558 déclarations ont été déposées. «Nous avons aujourd’hui un très faible taux », a-t-il reconnu, précisant que huit ministères et institutions n’ont toujours pas transmis leurs listes nominatives.
Face à cette situation, il a brandi la menace d’une sanction envers ceux qui refusent de se conformer à la loi, dans des propos rapportés par Les Echos, dans l’édition de ce mercredi. «Concernant la déclaration de patrimoine, nous avons décidé d’accorder aux personnes assujetties un délai fixé au 31 juillet (…) l’Ofnac prendra ses responsabilités et va sanctionner toute personne assujettie à la déclaration de patrimoine et qui l’aura pas faite», a averti Moustapha Kâ, au cours d’un atelier destiné aux journalistes et communicateurs traditionnels.
Pour pousser les personnes obligées à déclarer leurs biens, l’Ofnac prévoit de «recenser les assujettis et de les appeler à respecter les dispositions légales en venant faire leur déclaration de patrimoine». A défaut, Moustapha Kâ prévoit «de publier la liste des responsables défaillants sur ses plateformes officielles ainsi que par tout moyen de diffusion autorisé» par la loi.
Pour rappel, au Sénégal, sont assujettis à la déclaration de patrimoine les ministres, les dirigeants d’institutions, les conseillers du président de la République, les maires, les directeurs généraux des entreprises nationales, ainsi que les responsable de projets et programmes publics. Les dirigeants d’entreprises publiques bénéficiant d’un budget annuel d’au moins 500 millions FCFA sont également concernés.
Charles KOSSONOU

