Les enseignants décisionnaires vivaient une injustice que l’Etat vient de corriger. C’est ce qu’a soutenu le ministre de l’Education nationale, Moustapha Guirassy, mardi, lors de la conférence de presse du gouvernement.
Au Sénégal, les enseignants décisionnaires étaient victimes d’injustice. « La question des décisionnaires est une grande injustice qu’on a réglée. Pour les lenteurs administratives certes, c’est difficile de rester 5 voire 6 ans sans être intégré dans la Fonction publique, alors que la personne a déjà réussi à son examen. Et cela crée des stocks de rappels extrêmement importants », a indiqué le ministre de l’Education nationale Moustapha Guirassy.
Or, reconnait le ministre, ce sont des travailleurs qui occupent des postes importants. C’est pourquoi, le gouvernement a jugé nécessaire de signer ce protocole.
« D’ailleurs au niveau de la Fonction publique, des travaux étaient déjà en cours et étaient bien avancés pour réduire ces lenteurs avec la mise en œuvre d’une plateforme digitale qui va dans le sens de réduire et d’annihiler même les lenteurs administratives », a-t-il soutenu.
Près de 4000 à 5000 salles de classe en construction
Du côté du ministère de l’Éducation nationale, a relevé le ministre Guirassy, il y a aussi le Mirador (Management Intégré des Ressources Axé sur une Dotation Rationnelle), qui va dans ce sens.
« Et on va tous les deux encore plus loin en créant une connexion entre le ministère de l’Education nationale et celui de la Fonction publique pour gérer ces lenteurs administratives. Il ne reste que la plateforme E-Solde du ministère des Finances. Donc, si on arrive à interconnecter ces trois plateformes, on règle en grande partie, le problème des enseignants », a-t-il dit.
Concernant la formation universelle des enseignants, le ministre Guirassy a soutenu que ce que leur gouvernement a fait jusque-ici, aucun autre gouvernement ne l’a fait. « Tous les enseignants sont très satisfaits. Nous avons formé des milliers d’enseignants en deux ans », a-t-il témoigné.
Par rapport aux conditions de travail et aux infrastructures, selon lui, des pas importants ont été réalisés. Par exemple pour les abris provisoires, entre 2025 et 2026, le gouvernement a financé près de 4000 à 5000 salles de classe qui sont en cours de construction.
« Dans deux ans, si on poursuit ces efforts, on va combler ce gap, par rapport aux engagements du gouvernement d’arriver à zéro abris provisoire d’ici 2030 », a-t-il estimé.
Le dialogue entre Etat et enseignants, une nécessité
Toutefois, le ministre de l’Éducation a reconnu que la question du dialogue est fondamentale. Pour lui, les syndicalistes et le gouvernement doivent être des partenaires parce que se sont leurs enfants qui sont au centre.
« Nous ne devons pas être dans une logique de conflit, mais plutôt dans des exercices d’écoute attentive. L’école, c’est le socle pour la transformation de ce pays et une transformation, c’est par génération. Ce que nous voulons dans tous les secteurs, seul l’école nous permettra de l’atteindre. Donc, nous devons sacraliser l’école et poursuivre le dialogue de façon permanente tout en sachant que le quantum horaire doit être respecté », a-t-il affirmé.
« Nous passons d’un système éducatif à une société éducative. Donc, il faut que chacun y participe. L’effort d’éducation doit être partagé par tout le monde. Le gouvernement sera aux côtés des enseignants, des partenaires de l’éducation, pour qu’ensemble, nous réussissons à changer et le système et le pays en entier », a renchéri le ministre Guirassy.
Mariama DIEME
