Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, Olivier Boucal, a pris part ce mardi à la conférence de presse « Kàddu » du gouvernement. Il y a dressé le bilan de la première année de mise en œuvre du Pacte de stabilité sociale, conclu entre l’État, les organisations syndicales et le patronat.
Revenant sur le contexte de sa mise en place, le ministre a rappelé que ce pacte a été signé ce 1er mai 2025. Il est marqué par des concertations entre les partenaires sociaux et le gouvernement.
« Dans la recherche de consensus, le Premier ministre nous a recommandé de travailler ensemble », a-t-il expliqué. Selon lui, la démarche adoptée a été résolument participative, impliquant à la fois les travailleurs et les employeurs. « Le pacte n’est pas unilatéral. Le gouvernement a pris des engagements, les syndicats et le patronat également. Ce sont des engagements communs », a-t-il insisté.
Au total, 87 engagements ont été pris vis-à-vis des organisations syndicales et patronales. Dans le détail, le gouvernement s’est engagé sur 10 mesures relatives à l’environnement du travail, 13 portant sur les politiques économiques et sociales, et 21 concernant l’amélioration des conditions de travail. Plusieurs secteurs clés sont concernés, notamment l’éducation (5 engagements), l’enseignement supérieur (6), ainsi que la santé, les collectivités territoriales, la culture et le transport. Quinze engagements portent également sur la réforme de l’administration.
Ces engagements, prévus sur une période de trois ans, ont été déclinés en 50 activités concrètes relevant du dialogue social, du droit du travail et de la sécurité sociale. « Ils ne pouvaient pas être réalisés immédiatement. Il fallait les structurer, les budgétiser et les planifier dans le temps. Notre démarche a été scientifique, avec pour chaque activité un budget et un calendrier précis », a précisé le ministre.
Sur le plan de la mise en œuvre, la première année a été consacrée à l’installation des mécanismes de pilotage, avec la création de deux organes : un comité stratégique et un comité technique. Par ailleurs, des comités de dialogue social seront progressivement installés sur l’ensemble des directions.
Le ministre a également mis en avant plusieurs réformes juridiques déjà engagées. Dans le secteur de l’éducation, des décrets ont été adoptés pour corriger les inégalités qui affectaient les personnels décisionnaires, mettant fin à une situation jugée longtemps défavorable. Dans le domaine de la santé, des mesures ont permis de réorganiser la hiérarchie professionnelle, notamment avec le reclassement des techniciens supérieurs et la clarification des positions des infirmiers.
En outre, des projets de textes relatifs au Code du travail et à la sécurité sociale ont été adoptés en Conseil des ministres, tandis que la réforme du statut général des fonctionnaires — héritée de l’ère de Léopold Sédar Senghor — est actuellement en phase d’avant-projet, car jugée obsolète.
Le ministre n’a pas manqué de souligner l’ampleur des défis, notamment en matière de protection sociale. « Au Sénégal, le secteur informel concentre plus de 80 % de la population active, majoritairement sans protection sociale, ni couverture santé, ni pension de retraite », a-t-il rappelé.
Sur le plan financier, il a indiqué que la dette intérieure, jugée importante à leur arrivée, a commencé à être résorbée. « En seulement un an d’application du Pacte, 800 milliards de francs CFA ont déjà été apurés », a-t-il affirmé.
Enfin, Olivier Boucal s’est félicité des résultats obtenus en une année, évoquant des avancées concrètes dans plusieurs secteurs. Parmi celles-ci, il a cité la réforme de la justice, avec le reclassement des élèves greffiers, ainsi que des progrès significatifs dans le domaine de la santé, notamment à travers le reclassement des techniciens supérieurs.
À travers ce Pacte de stabilité sociale, le gouvernement entend ainsi consolider le dialogue social et améliorer durablement les conditions de travail et de vie des Sénégalais.

