L’ancienne ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Maïmouna Dièye, a publié une mise au point afin de clarifier les chiffres relatifs au programme d’assistance aux victimes des événements politiques survenus entre 2021 et 2023. Cette précision intervient à la suite des commentaires suscités par les données présentées lors de la cérémonie de passation de service du 8 juin 2026.
Dans son communiqué, elle explique que les montants évoqués lors de cette cérémonie correspondaient à une situation arrêtée à un stade précis du traitement du dossier. « Depuis lors, les données consolidées et actualisées par les services compétents permettent de disposer d’une vision exhaustive de l’ensemble des interventions réalisées dans le cadre de ce programme », souligne-t-elle.
Selon les chiffres communiqués, l’État du Sénégal a mobilisé 2,3 milliards de francs CFA pour soutenir les ex-détenus, les blessés et les familles endeuillées, dont 500 millions de francs CFA en 2024 et 1,8 milliard de francs CFA en 2025.
Les données consolidées font état de dépenses effectives de 2 218 994 161 francs CFA. Dans le détail, 1 051 308 000 francs CFA ont été alloués à 2 088 ex-détenus, tandis que 400 millions de francs CFA ont bénéficié à 40 familles endeuillées. La prise en charge médicale de 258 bénéficiaires a mobilisé 767 686 161 francs CFA, couvrant les consultations, les hospitalisations, les médicaments ainsi que les évacuations sanitaires.
Le document précise également que neuf évacuations sanitaires internationales ont été réalisées grâce à ce programme, dont quatre vers la Turquie, quatre vers le Maroc et une vers la France.
Par ailleurs, un reliquat de 81 005 839 francs CFA reste affecté à la prise en charge de sept dossiers de familles encore en instance ainsi qu’au suivi médical des bénéficiaires.
Maïmouna Dièye indique également qu’une enveloppe supplémentaire de 1,2 milliard de francs CFA a été inscrite au budget 2026. Sur ce montant, 350 millions de francs CFA ont déjà été engagés pour assurer la continuité du programme d’assistance.
Pour elle, ces chiffres traduisent l’ampleur de l’engagement de l’État en faveur des victimes. « Les chiffres disponibles aujourd’hui correspondent à l’état consolidé de l’exécution du programme et traduisent fidèlement l’effort de solidarité nationale déployé en faveur des victimes », affirme l’ancienne maire de Patte d’Oie
Insistant sur la dimension humaine du dossier, elle rappelle que « derrière ces chiffres se trouvent des vies, des souffrances et des familles qui attendaient de la République reconnaissance, justice et solidarité », estimant que cette question « mérite davantage de rigueur que de précipitation ».

