À Niafrang, en Casamance, la société gambienne G-SAND, aux capitaux chinois, continue d’extraire du zircon, malgré l’annulation de son permis d’exploitation par la Cour suprême sénégalaise en décembre 2025. Selon une enquête de RFI Afrique, la plus haute juridiction du pays avait retiré ce permis en raison de l’absence d’étude d’impact environnemental sur une dune de sable de six kilomètres, proche d’un cours d’eau et située dans un écosystème marin protégé.
Les communautés locales de Niafrang, représentées par l’avocat Bora Kanté, réclament l’arrêt immédiat de cette exploitation. « La société continue d’exploiter au vu et au su de tout le monde », dénonce-t-il, appelant le président de la République à prendre un décret pour interdire toute activité minière dans cette zone. Il estime également que cette mine viole les engagements du Sénégal dans le cadre des accords de Paris sur le climat.
Le différend entre les populations et les sociétés minières dure depuis plus de quinze ans. Le président de la Chambre des mines du Sénégal, Ousmane M’baye, juge que les décisions de justice ne suffisent pas. « Que ce soit la société, l’État ou les communautés, pour le bien de tous, il faut s’asseoir et trouver une solution définitive », a-t-il déclaré. Pourtant, à Niafrang, l’extraction se poursuit.
Cette situation contraste avec d’autres avancées dans le secteur minier sénégalais. En février 2026, Eramet Grande Côte a obtenu la certification IRMA 50, devenant la première mine d’Afrique de l’Ouest à atteindre ce standard international de responsabilité sociale et environnementale. Le zircon, utilisé dans le bâtiment, la joaillerie et l’industrie nucléaire, reste un minerai stratégique pour le Sénégal, cinquième producteur mondial.

