Ce mardi 21 avril 2026, le gouvernement était face aux journalistes avec sa traditionnelle conférence de presse dénommée « Kaddu ». Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, était de la partie. Il a évoqué plusieurs points importants de son département dans le contexte actuel, dans le but de faire un point sur le Pacte de stabilité sociale.
Le ministre a ouvert sa prise de parole sur la question cruciale des ressources humaines. « On doit recruter 2500 agents médicaux par recrutement spécial, des médecins, infirmiers et sage-femmes, mais aussi des agents administratifs et techniques », a-t-il annoncé.
Un déséquilibre structurel préoccupant a également été pointé du doigt : « On a plus de membres dans le personnel de support que dans le personnel de soin », un constat qui justifie l’urgence de ces recrutements ciblés.
Des milliards mobilisés pour régulariser des situations précaires
Sur le front des contractuels, Ibrahima Sy a rappelé les efforts financiers consentis par l’État. « Il y avait un programme dénommé ISMEA qui avait embauché plus de 900 agents. C’était un programme de la Banque mondiale. L’engagement de ces agents devait prendre fin en décembre 2024. Vu qu’on ne pouvait pas les reverser dans la Fonction publique, l’État a fait l’effort de mobiliser près de 5 milliards de francs CFA pour les verser dans la contractualisation. »
À cela s’ajoutent d’autres efforts de régularisation : « L’État a versé entre 6 et 7 milliards pour régulariser certains contrats », et « les montants mobilisés par l’État entre 2022 et 2023 ont permis de payer 3330 agents de santé ».
Concernant le remplacement des techniciens supérieurs, le ministre a précisé que « le décret concerne 1611 agents » et que « 878 d’entre eux ont déjà effectué leurs demandes qui ont été transmises ».
L’indemnité de logement, un point de friction
La question des indemnités reste tendue. « L’élargissement de l’indemnité de logement pour les contractuels est un point d’achoppement », a reconnu le ministre, rappelant que « depuis 2022, l’État avait signé des accords avec les partenaires sociaux concernant l’indemnité de logement », des engagements dont la mise en œuvre intégrale est encore en discussion.
Des réformes structurelles en marche
Le ministre a également fait le point sur plusieurs chantiers législatifs et organisationnels. « On n’a pas de Code de la santé. On est en train de l’élaborer en ce moment même. La partie législative est terminée, et on travaille sur la partie réglementaire. »
Sur la réorganisation du système hospitalier : « On avance sur la prévision de la réforme hospitalière qui est en phase de finalisation, tout comme la révision de la carte hospitalière. »
Une nouvelle direction dédiée à la promotion de la santé est également en gestation au sein du ministère. « Le décret est en préparation », a-t-il confirmé.
Un ministre qui se veut partenaire du dialogue social
Sur le volet des infrastructures et équipements, les chiffres sont éloquents. « Concernant le relèvement du plateau technique médical, on a injecté près de 65 milliards FCFA en deux ans pour avoir des équipements adéquats, des laboratoires. » Le ministre a également indiqué que des blocs opératoires vétustes ont été « réhabilités et rééquipés ».
Ibrahima Sy a conclu sur une note de franchise et d’humilité, en affichant une posture de dialogue avec les syndicats du secteur. « Je suis le premier des syndicats, car j’ai besoin d’un secteur qui fonctionne », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « J’évite toujours de prendre des engagements que je ne peux pas tenir. »
Oumar Boubacar NDONGO

