Comme c’est curieux que l’ex-Chef fasse l’objet d’un tel rejet de ses compatriotes dans un pays qu’il a dirigé durant douze bonnes années ! Moins de trois semaines après son départ du pouvoir, il a fallu qu’il s’affiche avec quelques nouveaux ministres de Seugn Bass dans ses fonctions de garçon de courses, pardon d’Envoyé Spécial ! de Macron, pour que la Toile s’enflamme. C’est en fait comme si les nouveaux ministres avaient serré la pince à un redoutable caïd avec lequel il est interdit de s’afficher sous peine d’être acheminé à la potence pour y être pendu haut et court. Et c’était, sans jeu de mots, le cas puisque les ministres concernés ont été littéralement lynchés depuis Washington où ils se trouvaient par une meute enragée d’internautes en colère. Les désapprobations fusaient de toutes parts pendant que les partisans du plus fort de Marième Faye jubilaient en distillant faussement l’idée que l’-ex Chef servait de chaperon aux nouveaux ministres. Ce qui était en réalité un vulgaire mensonge en même temps qu’une grosse manipulation vu que la rencontre s’inscrivait dans le domaine de la normalité. Un ancien chef d’Etat de ce charmant pays, devenu l’employé du président de l’ancien pays colonisateur, était le modérateur d’une table ronde bidon organisée par le Fonds Monétaire International. Là, se trouve la vérité. Mais ce qui était touchant, c’est d’assister à tant de haine envers celui qui a dirigé ce pays de main de fer durant douze ans. Si nos compatriotes en sont arrivés à vomir à ce point leur ancien président, c’est que ce qu’il leur a fait doit être très grave. En tout cas, jamais dans l’histoire de notre pays depuis l’indépendance, un président n’avait suscité autant de rejet que le Chef. Si des gens en arrivent à disjoncter littéralement parce que des ministres du nouveau régime ont serré la louche au Chef, c’est que sa gouvernance n’a pas été un modèle de douceur. Preuve de la haine nourrie contre l’ancien président, des compatriotes ont initié une pétition pour qu’il soit jugé pour ses « crimes ». Ni Senghor encore moins Diouf et Wade n’ont eu une telle faveur. Assurément, la machine de la réconciliation pourrait se gripper très rapidement.
KACCOOR BI – LE TEMOIN
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