Au-delà de la simple réhabilitation des rails, la relance du chemin de fer à Tambacounda s’inscrit dans un vaste chantier de modernisation logistique.
Aux confins de la gare, à l’extrémité ouest, un nouveau terminal à conteneurs se dresse désormais comme une promesse de renaissance économique pour l’Est du Sénégal. À moyen terme, les responsables du projet espèrent que la gare à conteneurs contribuera à réduire les délais et coûts de transport, tout en stimulant l’emploi local autour des activités de manutention, de douane et de services aux transporteurs.
Selon Assane Wade, chef de la région ferroviaire, la gare à conteneurs est construite sur une superficie d’environ deux hectares et s’illustre comme un port sec pouvant accueillir jusqu’à 1 200 conteneurs.
Les travaux de construction ont été finalisés depuis avril 2024, marquant une étape clé dans la mise en place d’un véritable hub logistique au carrefour de la ligne Dakar – Tambacounda et des axes routiers vers le Mali, la Casamance et Matam.
« Le site doit permettre de désengorger progressivement le port de Dakar, en offrant une alternative de dédouanement et de stockage pour les marchandises destinées à l’intérieur du pays et à la sous-région », a indiqué Assane Wade.
Les infrastructures visibles sur place comprennent une vaste aire de stockage bétonnée, des voies d’accès dédiées aux convois de camions, ainsi qu’un espace administratif pour les services de douane et éventuellement de gestion du terminal.
Selon le chef de district de Tamba, Aboubacar Guindo, l’infrastructure est construite dans une logique de « port sec » connecté au réseau ferroviaire national.
« Le port sec a été prévu à Botou à 10 km de Tambacounda, la zone a déjà été aménagée et les travaux devraient être effectués là-bas, mais c’est entre-temps que l’édifice a été réalisé ici », dit-il, soulignant une « belle avancée ».
« Le port à conteneurs permettra d’accueillir davantage de marchandises et de biens, au-delà du simple dépôt de la gare », ajoute-t-il. M. Guindo souligne toutefois que la position actuelle de l’infrastructure laisse à désirer.
Implanté, en effet, au cœur de la ville, le terminal risque de renforcer les embouteillages avec l’affluence des camions sur la zone.
« Je crains que la circulation accrue de poids lourds, déjà importante à l’approche de la gare, ne complique encore la fluidité sur les axes principaux, notamment aux heures de pointe », note-t-il
Par Souleymane WANE

