Lors de sa communication en conseil des ministres, le chef du Gouvernement a tracé les lignes de force de l’Agenda national de Transformation. Entre l’urgence d’un réarmement civique de la jeunesse et une refonte drastique de l’enseignement des sciences (STEM), il affiche une ambition claire à savoir aligner le capital humain sur les besoins de l’économie moderne.
Pour le Premier ministre, l’encadrement et la mobilisation des jeunes constituent une priorité absolue. Il a rappelé que le développement durable ne repose pas uniquement sur les performances économiques, mais aussi sur la qualité des valeurs civiques et la cohésion sociale. Dans cette perspective, le service civique et le volontariat sont présentés comme des leviers essentiels pour renforcer l’engagement citoyen et la participation à des initiatives d’intérêt général.
Plusieurs initiatives sont déjà en cours, notamment la création d’un Centre de transformation systémique à vocation africaine et de centres civiques des métiers à travers le territoire. À cela s’ajoutent des actions de promotion du civisme, telles que l’instruction civique et patriotique, les campagnes de sensibilisation à la citoyenneté active, la mobilisation de volontaires agricoles, ou encore l’organisation de la Semaine nationale du volontariat et des vacances agricoles citoyennes.
De nouvelles mesures pour structurer le volontariat
Le Premier ministre a également annoncé une série de mesures destinées à renforcer ce dispositif. Parmi celles-ci figurent la mise en place d’un programme de volontariat des seniors, le renforcement de l’éducation civique dans les curricula scolaires, ainsi que la finalisation des textes réglementaires encadrant le volontariat.
Il est également prévu la création d’un cadre national de concertation sur le civisme et la citoyenneté active, d’un Comité national des acteurs du volontariat et d’un guichet unique, en collaboration avec les acteurs non étatiques.
Filières scientifiques : un déséquilibre préoccupant
Abordant la question de la formation, Ousmane Sonko a tiré la sonnette d’alarme sur la faible attractivité des filières scientifiques et techniques. Les résultats du baccalauréat 2025 montrent une nette domination des séries littéraires, qui concentrent l’essentiel des candidats.
Sur les 77 388 admis, seuls 15 888 proviennent des filières scientifiques et techniques, contre 59 575 issus des séries littéraires. Certaines académies, comme Kaffrine, Louga, Matam et Sédhiou, n’ont même présenté aucun candidat au baccalauréat technique.
Ce déséquilibre est jugé incompatible avec les ambitions de l’Agenda national de transformation, qui requiert des compétences pointues dans des secteurs clés comme l’agriculture, l’énergie, la santé ou encore l’innovation.
Vers une refonte du système de formation
Face à cette situation, le Premier ministre a instruit plusieurs départements ministériels d’engager des réformes structurelles. Il s’agit notamment de revoir les mécanismes d’orientation scolaire pour mieux valoriser les filières scientifiques, de restructurer l’offre de formation afin de l’aligner sur les besoins économiques, et de développer les classes préparatoires aux grandes écoles.
L’objectif affiché est de faire passer la proportion de candidats dans les filières techniques de 2,07 % à au moins 15 % dans les cinq prochaines années.
Dans cette dynamique, Ousmane Sonko envisage également une tournée nationale des universités, qui donnera lieu à une restitution stratégique assortie de recommandations et d’un plan de suivi.
A.N

