À l’occasion de la visite de terrain conduite hier, mercredi 15 juillet 2026, par le ministre des Transports terrestres et aériens, Abdou Lahat Ndiaye, sur plusieurs projets structurants pilotés par le Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD), le directeur général du CETUD, Gora Sarr, a dévoilé les grandes orientations de la stratégie de mobilité urbaine à l’horizon 2050. Entre restructuration du réseau, lancement des études de la deuxième ligne du Bus Rapid Transit (BRT), modernisation des gares routières et développement de la mobilité électrique, le CETUD entend accélérer la transformation du transport public au Sénégal.
Pour Gora Sarr, le transport public occupe une place centrale dans l’écosystème économique et social du pays. Il a rappelé que le Sénégal est aujourd’hui cité comme une référence en Afrique de l’Ouest pour la réforme de son système de transport urbain, notamment grâce à la professionnalisation du secteur avec la création de l’Association de financement des professionnels du transport urbain (AFTU), qui a permis de remplacer progressivement les emblématiques « cars rapides » par des véhicules plus modernes. Cette dynamique de modernisation se poursuit désormais avec une réflexion sur un nouveau programme de renouvellement du parc automobile.
Le Directeur général du CETUD estime que cette évolution est indispensable pour accompagner la montée en puissance des transports de masse, incarnés par le Train express régional (TER) et le Bus rapid transit (BRT). Selon lui, l’un des principaux défis consiste désormais à restructurer l’ensemble du réseau afin d’assurer une véritable intermodalité entre les différents modes de transport. Cette réorganisation, prévue dans le cadre du projet RTC, comprend notamment la création de dépôts, de nouveaux aménagements et une meilleure hiérarchisation des lignes entre transport de masse, réseau principal et dessertes secondaires.
Parmi les projets les plus attendus figure la construction d’une deuxième ligne du BRT. Gora Sarr a annoncé que les financements sont déjà acquis et que les termes de référence des études sont finalisés. Cette future ligne devrait desservir Keur Massar, une zone où la demande de mobilité est particulièrement forte.
Le CETUD prévoit également de renforcer les capacités des opérateurs, notamment AFTU et Dakar Dem Dikk, à travers des investissements dans les infrastructures, le renouvellement des flottes et les systèmes intelligents de transport (ITS). Le renforcement du cadre de gouvernance constitue également un axe prioritaire, avec un accompagnement de la Banque mondiale.
Le Directeur général du CETUD a aussi mis en avant les projets consacrés à la mobilité électrique, développés avec plusieurs partenaires techniques, dont la coopération allemande GIZ. L’expérience du BRT électrique suscite, selon lui, un intérêt croissant des bailleurs qui souhaitent accompagner la transition vers des transports plus durables.
Inscrivant cette stratégie dans la Vision Sénégal 2050, Gora Sarr a rappelé que les grands projets de mobilité nécessitent une planification à long terme. Il a cité l’exemple du BRT, dont les études ont démarré en 2013 avant une mise en service en 2024. « Les projets structurants prennent du temps, mais ils sont conçus pour durer plusieurs décennies », a-t-il souligné.
Enfin, le CETUD entend poursuivre la modernisation des infrastructures de transport avec un programme de rénovation des gares routières. Les nouvelles gares des Parcelles Assainies, dont la réception est prévue en août, et de Tivaouane Peulh serviront de projets pilotes. La stratégie intègre également le développement de la mobilité verte, avec une place accrue accordée à la marche, aux déplacements doux et aux infrastructures favorisant un transport urbain plus durable.
Ousmane GOUDIABY
Sud quotidien

