Changement de méthode après le limogeage d’Ousmane Sonko à la primature , le nouveau gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lo impose son style. Invité sur la RTS, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a officialisé un virage majeur : le Sénégal est prêt à restructurer sa dette publique.
Ce changement de méthode après le départ de Sonko ne passe pas inaperçu. Face aux caméras de la télévision nationale, Serigne Guèye Diop a assumé la nouvelle doctrine du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo : « Nous la voyons autrement maintenant. […] Nous pensons que cette dette, si elle doit être rediscutée, il faut la rediscuter. Si elle doit être restructurée, il faut la restructurer ».
Pour rendre la pilule plus digeste aux yeux de l’opinion, le ministre a vulgarisé la manœuvre par une image simple : « Vous devez à la banque un million de francs que vous devez payer sur dix mois. Vous pouvez revenir à la banque pour lui dire : je veux payer en vingt mois ». L’idée ? Gagner du temps pour préserver la capacité du pays à investir.
Le FMI, l’incontournable « porte d’entrée »
Loin de la défiance souverainiste passée, le ministre a défendu un retour en force auprès des bailleurs de fonds internationaux, qualifiant le FMI de « porte d’entrée » indispensable pour rassurer les marchés mondiaux.
Selon lui, ce compromis financier permettra de débloquer les Investissements directs étrangers (IDE), essentiels pour importer de la technologie et des marchés, mais aussi pour relancer les projets en panne : « Nous allons pouvoir avoir beaucoup d’investissements dans nos zones industrielles, dans nos agropoles, dans le transport ». Pour le ministre, la dette ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte, mais comme un levier à condition d’être gérée avec flexibilité et stratégie.

