jeudi, juillet 25, 2024
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Restrictions des libertés publiques : quand la rue impose son véto à l’Etat

par pierre Dieme
La pandémie du nouveau coronavirus qui a officiellement occasionné au Sénégal à la date d’hier, mardi 09 juin, 4516 personnes dont 2809 guéries, 52 décédés, 1 évacué (finalement décédé en France) et 1654 malades sous traitement dans les hôpitaux, restera certainement gravée dans les annales.
 
En effet, en plus de la crise sanitaire et économique dans laquelle elle a plongé notre pays, cette pandémie a également contribué fortement à ébranler la base d’autorité qui était celle du chef de l’Etat, Macky Sall, depuis sa réélection à la tête de l’Etat, le 25 février 2019. Particulièrement, pour ce qui concerne la mesure d’état d’urgence mise en œuvre, il y a juste environ deux mois et demi. Cette disposition exceptionnelle a été à la source d’un vaste mouvement de contestation qui a touché plusieurs localités du pays.

Alors que la courbe de contamination du virus continue sa progression sur le territoire national (toutes les quatorze régions administratives du pays étant touchées), des manifestations de populations qui demandaient la fin de cet état d’urgence ont pris de de l’ampleur sur l’ensemble du territoire national, même la capitale Dakar sera touchée. Il faut dire si, depuis son indépendance en 1960, l’Etat du Sénégal a eu à faire face à trois situations d’état d’urgence, cette dernière décrétée depuis le 23 mars dernier par le Président Macky Sall dans le cadre de la riposte à Covid-19, restera certainement gravée dans les annales de la République. Et pour c ause, prévue dans la Constitution du Sénégal pour permettre à l’Etat donc au gouvernement de faire face à une situation de péril imminent dans un pays par la restriction de certaines libertés, l’application de cette mesure exceptionnelle par le président Sall et son équipe s’est soldée par un échec.

Après plus d’un mois de semi-confinement chez eux, sans travail et sans assistance de l’Etat malgré le décaissement de 69 milliards de Francs CFA issus du Fonds « Force Covid-19 » fort de 1 000 milliards de Francs CFA pour l’achat de 10.000 tonnes de sucre, autant pour les pâtes alimentaires, 45 000 tonnes de riz, de l’huile et du savon, des populations ont finalement décidé de braver l’état d’urgence et le couvre-feu décrété par le chef de l’Etat par des manifestations nocturnes.

Face à cette situation, le chef de l’Etat qui avait déjà reculé le 11 mai dernier face à la pression de certains religieux et opérateurs économiques qui avaient exigé et obtenu la levée des interdictions concernant la fermeture des lieux de cultes et des marchés, n’a pas d’autre choix que d’acter un nouveau recul de l’Etat. Et ce, en se pliant encore à la volonté des manifestants qui exigeaient entre autres, la fin du couvre-feu et la levée de l’interdiction du transport interurbain pour ne citer que ces points.

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