Le Fonds monétaire international (FMI) conditionne la poursuite de ses négociations avec le Sénégal à la réalisation d’un audit indépendant de la dette publique par un cabinet international privé. Une exigence formulée par Julie Kozack, directrice du département de la communication du FMI, le mercredi 25 juin, lors d’une conférence de presse alors que le pays fait face à des révélations sur une dette cachée et à un niveau d’endettement qui frôle les records.
Malgré cette exigence, le FMI assure maintenir un dialogue étroit avec les autorités sénégalaises. « Nous restons engagés avec les autorités sénégalaises. Les discussions techniques se poursuivent et visent à parvenir à une compréhension partagée sur les perspectives macroéconomiques, les besoins financiers du Sénégal et les priorités de réforme », a déclaré Julie Kozack.
Une mission du FMI s’est rendue à Dakar la semaine dernière afin de poursuivre les échanges techniques avec le gouvernement. À cette occasion, l’institution de Bretton Woods pose a salué les efforts entrepris par les autorités pour corriger les faiblesses révélées par l’affaire de la dette cachée.
Parmi les réformes déjà engagées figurent le renforcement de la gestion des finances publiques, l’amélioration de la gouvernance budgétaire ainsi que la mise en place d’un dispositif visant à centraliser la gestion de la dette publique.
Le FMI reconnaît que des progrès significatifs ont été accomplis, notamment grâce aux audits déjà réalisés et aux réformes institutionnelles engagées. Toutefois, ces avancées restent insuffisantes aux yeux de l’institution.
Pour rétablir pleinement la confiance, le Fonds recommande plusieurs mesures supplémentaires, dont la conduite d’un audit indépendant confié à un cabinet international privé, un audit exhaustif des arrêtés de paiement ainsi qu’un renforcement des mécanismes de contrôle budgétaire.
« Ce sont des mesures supplémentaires que nous soutenons », a martelé Julie Kozack,.
Ces exigences interviennent alors que la dette publique du Sénégal est estimée à 132 % du produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année 2024, un niveau qui place le pays parmi les États les plus endettés de la région. Malgré cette situation préoccupante, le FMI souligne que le Sénégal continue d’honorer ses engagements financiers et reste à jour dans le remboursement de sa dette.
Moussa Ndongo

