Après un premier revers frustrant contre la France (3-1), l’équipe nationale du Sénégal a enchaîné une seconde contre-performance. Face à une Norvège réaliste et portée par un Erling Haaland impitoyable, les hommes de Pape Thiaw, plombés par des erreurs défensives individuelles, se compliquent sérieusement la tâche pour la qualification en huitièmes de finale.
Dès le coup d’envoi de la rencontre, le visage affiché par les Lions n’a guère rassuré le peuple sénégalais. Fébriles, en manque d’inspiration collective et visiblement marqués par la pression du résultat, les partenaires de Kalidou Koulibaly ont bégayé leur football.
Face aux assauts de l’avant-garde scandinave, le portier Édouard Mendy a longtemps joué les pompiers de service. Grâce à plusieurs parades décisives, le dernier rempart sénégalais a retardé l’échéance, maintenant tant bien que mal le bateau à flot. Malheureusement, la digue a fini par céder juste avant le retour aux vestiaires. À la 43e minute, profitant d’une relance manquée de Koulibaly, le rentrant Marcus Pedersen, qui avait remplacé Ryerson, blessé en début de match, s’en va battre Mendy de près. Un véritable coup de poignard qui glace l’enthousiasme des supporters juste avant la pause.
Le rouleau compresseur Haaland
Revenus des vestiaires avec les mêmes intentions et les mêmes hommes, les Lions voient rapidement le choix du sélectionneur Pape Thiaw de reconduire le onze initial être remis en cause. Deux minutes seulement après la reprise (47e), l’inévitable Erling Haaland surgit pour doubler la mise, profitant des largesses d’une arrière-garde sénégalaise amorphe.
Touchés dans leur orgueil, les Lions tentent de sonner la révolte. C’est Ismaïla Sarr qui redonne l’espoir au peuple sénégalais en réduisant le score (2-1). On croit alors à un possible retour, mais le scénario du match contre la France se répète cruellement : une défense aux abois. Quelques minutes plus tard, sur une nouvelle erreur d’appréciation du capitaine Kalidou Koulibaly, encore lui, Haaland ne se fait pas prier pour s’offrir un doublé et porter le score à 3-1.
Dans les arrêts de jeu, Ismaïla Sarr s’offre lui aussi un doublé en inscrivant le but du 3-2. Une réduction du score trop tardive pour espérer inverser le cours du destin.
L’Irak comme ultime bouée de sauvetage
Le coup de sifflet final laisse un immense goût d’inachevé et d’énormes regrets. Mathématiquement, les chances de qualification pour les huitièmes de finale s’amenuisent drastiquement et ne tiennent désormais plus qu’à un fil.
Pour l’ultime journée de la phase de poules, le Sénégal fera face à l’Irak, également lourdement défait par les Bleus (3-0). Pour Pape Thiaw et ses hommes, il faudra impérativement s’imposer largement, soigner la différence de buts et prier pour un miracle (figurer parmi les meilleurs troisièmes). Les Lions n’ont plus le choix : ils doivent rugir ou rentrer.
Djibril DIAO

