Le Sénégal ne poursuivra pas l’aventure au Mondial 2026. Opposés à la Belgique ce mercredi 1er juillet au Seattle Stadium en huitièmes de finale, les Lions de la Teranga se sont inclinés 3-2 au terme d’un scénario douloureux : longtemps maîtres du match et menant 2-0 grâce aux buts de Habib Diarra (25e) et Ismaïla Sarr (51e), les hommes de Pape Thiaw ont vu les Diables Rouges recoller par Romelu Lukaku (86e) puis Youri Tielemans (89e), avant que ce dernier n’inscrive le but de la qualification belge sur penalty, dans les derniers instants de la prolongation (120e+5).
Au sortir de cette désillusion, le défenseur Krépin Diatta n’a pas cherché à esquiver ses responsabilités ni celles du groupe. Dans une réaction à chaud, la voix marquée par l’émotion, il a livré une analyse sans concession du naufrage collectif. « Arrivé à ce stade de la compétition, si mentalement tu n’es pas prêt, tu dois te poser des questions », a-t-il lancé, avant de reconnaître que l’équipe avait « failli » à sa mission alors qu’elle avait l’occasion d’« écrire les plus belles pages de l’histoire de notre football » dans cette Coupe du monde.
Le latéral sénégalais s’est également adressé, en pensée, à tout un peuple. « Je ne peux même pas imaginer ce qui se passe dans la tête de tout un Sénégalais, parce que je me mets à leur place, et franchement, il mérite mieux », a-t-il confié, estimant que « vu ce qu’on a proposé », l’équipe « ne devait pas perdre ce match ».
Revenant sur le sursaut défensif qui a manqué en fin de rencontre, Diatta a insisté sur l’engagement physique et mental attendu à ce niveau de compétition : « Qu’il faille mettre la tête, qu’il faille mettre son corps, il faut le faire, parce que ça en vaut la peine. » Un constat teinté de lassitude face à un scénario qu’il juge récurrent : « C’est toujours la même chose qui revient. À un moment, il faut qu’on arrête de se chercher des excuses. »
Pour le joueur de Monaco, l’explication de cet effondrement à 2-0 dépasse les considérations tactiques. « Au haut niveau, c’est avant tout une question d’état d’esprit. Quand tu mènes 2-0 à la 84e minute, tu dois être le patron dans ta zone défensive. Tu dois tout faire, même mettre la tête s’il le faut. Il faut être un patron », a-t-il martelé.
Visiblement affecté, Krépin Diatta affirme: « C’est dommage, vraiment dommage, parce que vu ce qu’on a proposé, vu ce qu’on a montré… là, c’est le cœur qui parle. Franchement, je suis abattu. C’est vraiment dommage de rater une qualification comme celle-là, qui était à portée de main. »

