dimanche, juillet 21, 2024
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Flaques: La République Inondée

par pierre Dieme

Le déluge. Et soudain, la découverte que le Plan Sénégal Émergent (PSE), un eldorado, promis au pays à force renforts de slogans propagandistes et enjôleurs, n’était donc qu’un Plan sous les eaux (PSE). Quel symbole d’un État incapable, envahi, bloqué ! L’image a fait le tour du monde. Elle montre comment le Sénégal, brusquement tiré de ses rêveries d’Epinal, n’était qu’un pays en faillite qui fait passer les examens de fin d’année à ses élèves les pieds dans l’eau, leurs habits mouillés jusqu’aux genoux après qu’ils ont pataugé dans des cours d’écoles engorgées pour accéder dans les salles de classes. Mobilisation populaire La lutte contre les inondations fut l’un des leviers de la mobilisation populaire, payée parfois au prix du sacrifice suprême, à l’origine de l’avènement du régime qui gouverne le Sénégal avec l’engagement maintes fois répété de le mener sur l’orbite de son décollage. C’est-à-dire loin des berges de la pauvreté, de la corruption et, pour commencer, hors de portée des eaux stagnantes et en surplus, sources de vie impossible.

La fin des inondations était l’une des plus attrayantes propositions de valeur qui faisaient saliver de bonheur le peuple Sénégalais lorsqu’il porte au pouvoir un certain Macky SALL, en Mars 2012. Le ciel prenait des couleurs bleu-azur. Chants et danse résonnaient dans le pays. L’espoir d’une renaissance, sur fond d’un réveil démocratique, semblait signer l’arrivée d’un Sénégal nouveau entre les mains de celui qu’on se gaussait de présenter comme le premier Président né après l’indépendance nationale ! Las! Huit ans plus tard, c’est à perte de vue que s’étend le désastre. Et il n’a pas fallu longtemps pour en voir les effets. Quelques mois à peine après son installation, on le vit, en tenue militaire, débarquer d’un hélicoptère vers les parages de la localité de Keur Momar Sarr, prétendument pour aller en guerre contre un…tuyau percé qui menaçait l’approvisionnement en eau de Dakar, la capitale du Sénégal.

Les plus sages comprirent qu’il s’agissait d’une fausse panne destinée à verser des fétiches dans la principale conduite d’eau pour “marabouter”, mettre sous éteignoir, les populations sénégalaises. Peu comprirent le piège. Sevré d’eau, le pays, transi d’angoisses, eut raison de craindre le pire. L’effet-choc, mode de gouvernance Mackyenne, traversa les chaumières et les esprits mais personne ne se rendit compte que débutait ainsi la saga d’une incompétence abyssale à gérer la question hydraulique et encore moins celle des inondations plus que jamais triomphantes. Le soir même de cette visite de terrain spectaculaire, j’en eus la confirmation quand je reçus vers minuit un appel désespéré de Général SALL. Celui qui donnait l’air d’être maître de la situation sur les images filtrées n’était plus qu’une voix de femmelette au bout du téléphone. “Tu avais fait venir une société qui avait réalisé la station d’épuration de Camberene”, me souffla un Macky que je devinais au garde à vous. “Peux-tu nous aider à résoudre ce problème du tuyau ?”.

Tout de suite me revinrent les souvenirs en flots d’un homme qui n’avait été nommé ministre, son premier poste gouvernemental, qu’après avoir détourné des contrats de pétrole que j’avais obtenus pour le Sengal. Il était rapidement aux commandes des services hydrauliques et d’assainissement du pays sans y comprendre grand chose. Seulement, il y déployait déjà son expertise d’escroc en plaçant à la tête de la Sones, la société d’eau, un truand nommé Delco Samb, avec, à ses côtés, comme directeur technique, un Souleymane Baidy Ndiaye, son premier ramasseur de sous de la corruption. Harcelé par Macky SALL en personne pour lui remettre de l’argent à partir du projet de Camberene qu’il supervisait en sa qualité de Directeur de la société nationale d’assainissement, l’Onas, Serigne Mbaye Sy Diop continua de se plaindre autant dans son bureau que lorsqu’il visita, à notre invitation, un modèle de station d’épuration que nous avions réalisée à Liverpool.

“Il m’emmerde”, n’eut-il de cesse de maugréer avant de démissionner de son poste non sans avoir détourné un marché à plusieurs milliards, preuve s’il en était que l’assainissement n’était déjà pas un long fleuve de probité. Incompetence Depuis lors, on en sait davantage sans oublier l’incompétence qui y règne. Le médiocre voleur émergent Macky SALL manifestait des signes d’une volonté de tout contrôler dans ces deux secteurs de l’eau et de l’assainissement sans en avoir l’expertise et cela me fut confirmé lorsqu’à la demande de Wade, je fis venir à Dakar le grand gourou britannique dans ces domaines, Mr. White. “Pourquoi tu ne m’as pas informé”, ronchonnât Macky de sa voix traînante, comme pour marquer son désagrément de n’avoir pas été mis dans la boucle malgré son statut de ministre d’état chargé de l’hydraulique et de l’assainissement.

“Que ce soit la dernière fois que tu m’appelles pour te plaindre hein, je ne suis pas ton égal”, lui répondis je sur un ton sec, le renvoyant à son statut de larbin de l’homme qu’il prétendait servir tout en aiguisant un couteau pour le finir. Quand il s’était tourné vers moi pour l’aider à surmonter la situation de Keur Momar Sarr, en 2013, le souci d’être utile à mon pays prit le dessus sur les doutes concernant le criminel à la voix doucereuse qui me suppléait de faire quelque chose. Je ne m’endormis pas cette nuit-là. L’oreille collée au téléphone, les doigts sur mon clavier d’ordinateurs, je me mis à contacter de Tokyo à Sidney, de Londres à Madrid, Lyon, partout, mes divers contacts dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement.

La société espagnole Acciona, désignée numéro un mondial, accepta d’offrir ses services. Et en compagnie de son directeur général et de son président, nous eûmes une rencontre à Davos, à l’hôtel, avec Macky SALL pour lui présenter, financement à l’appui (lettre d’intention de la puissante Deutsche Bank proposant 80 millions de dollars disponible), les réponses aux problèmes d’eau et d’assainissement dont il disait, pendant la campagne électorale, qu’ils étaient au centre de ses soucis. Peu après, je faisais venir en Espagne tous frais payés, y compris des billets classe affaires et séjour hôtel 5 étoiles, une délégation Sones-Onas composée de ses dirigeants de l’époque (liste des membres et programme du séjour en Espagne disponibles, les micmacs aussi…). La délégation était conduite par Anta SECK, alors directrice générale de la Sones et comprenait la fine fleur de la boîte.

Seulement au lieu de prendre au sérieux ces questions liées à un approvisionnement erratique en eau et à l’assainissement des villes et villages sous l’emprise des eaux pluviales et usées avec des canaux bouchés sans compter l’inexistence d’émissaires pour les évacuer, cette horde de techniciens n’était qu’un avatar du corrompu Macky SALL. Comment détourner à leur compte ce contact que je leur livrais pour aider le pays était leur principale préoccupation ? Dégâts Aujourd’hui le Sénégal se trouve plus que jamais frappé par les dégâts des inondations incontrôlées. Il est réduit à survivre avec l’eau saumâtre et rare que lui sert la nouvelle société Sen’Eau, véhicule spécial créé par Suez pour ne pas entacher sa marque (et pour pouvoir se tailler dès la moindre déconvenue!). Elle ne peut oublier la litanie de corruption qui l’a introduite dans le marché sénégalais. Qui ose dans ces conditions douter que la faillite de ce double secteur inscrit sur les premiers objectifs de développement du millénaire incarne plus que tout la banqueroute du rêve d’émergence que les populations guettaient ?

L’eau et l’assainissement ne sont pas des problématiques faciles à résoudre. En assumant naguère les fonctions de président Afrique de la multinationale Biwater, spécialisée dans l’eau et l’assainissement, j’ai pu apprendre que si l’eau n’est pas reliée à l’électricité les populations ne la paieront pas et que, pour l’assainissement, seul un modique prélèvement environnemental, ajouté aux factures d’eau et d’électricité, pouvait en assurer la pérennité. Telle était la réponse que nous avions faite à Wade pour mettre en place l’émissaire qui devait vider les eaux usées et puantes du Canal 4, de Fass, vers l’océan Atlantique. Alors que dans d’autres pays africains, notamment au Ghana, j’ai pu voir se réaliser des projets d’eau et d’assainissement sans bruit ni fureur, grâce à un leadership décidé et dédié aux bonnes causes, le Sénégal reste l’âne dans la course à l’assainissement tandis que son secteur de l’eau est le prototype d’une corruption jamais égalée au monde. Comme l’attestent les inondations et la rareté de l’eau qui y rendent la vie impossible. Y a de quoi rire quant à a tenue ici, sous peu, du Forum mondial de l’eau… Les fracas de voix du corrompu Macky SALL, spécialisé dans la bouffe des retombées de l’assainissement, ne doivent impressionner personne. C’est la continuation sans fin d’un mauvais et coûteux cirque. Souvenez-vous de son show théâtral en tenue militaire à Keur Momar Sarr.

Il n’en est rien resté sauf l’image de sa nombreuse bedaine dépassant le tour de son pantalon de plusieurs centimètres. Sept ans plus tard, les slogans mis à part, la république inondée du Sénégal est le symbole d’un État en faillite parce que manquant de sérieux et incapable de tenir sa parole ni surtout de se tenir loin des sentiers de la corruption anti-développement. Disons-le en peu de mots: l’échec de l’assainissement et la corruption qui entoure les secteurs de l’eau, en plus de maintenir les inondations, tiennent leurs origines du jour où, par bravade et soucieux de tenir son larbin-en-chef, Abdoulaye Wade commit la bêtise de confier des responsabilités au pire des voleurs de l’histoire du Sénégal: Macky SALL…

Ne soyez donc pas surpris face à cette faillite générale de sa politique d’eau et d’assainissement que Macky SALL, le corrupteur des plumitifs alimentaires, trouve encore des voix vendues pour tenter de vous faire voir des vessies pour des lanternes. Décidément, pour lui, l’eau pouvant être source de subjugation, l’enjeu est de faire boire le calice jusqu’à la lie aux sénégalais. C’est la que se niche le cœur de son plan Sénégal sous les eaux, le vrai PSE. Qui peut sauver, ou mieux, embellir, une république aussi abîmée? Personne. Elle est inondée ! Adama Gaye Le Caire 4 septembre 2020 est auteur de: Otage d’un État paru aux Éditions l’harmattan (Paris). Ps: -Qui a des nouvelles d’Anta Sarr Diacko ? Ses magouilles secouent le pays… -Sans vergogne, alors que tout le monde pleure le TER inutile a environ 1500 milliards cfa, Macky SALL ose se vanter de la participation de la france pour la suite de l’arnaque. Qui va refuser de capter ce marché juteux que l’on surfacture sans coup férir ? Macron a trouvé son matelas: Macky ! -je me demande pourquoi plus aucun membre de l’apr, à part le minus minable mbow-mbow, n’ose défendre macky SALL? -Malick SALL, le faussaire, qui mise sur madambal, greffier radié pour escroquerie, pour régler la grève du Sytjust, y a de quoi pouffer de rires. À quelque chose, malheur est bon.

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