À la clôture des travaux de la réunion délocalisée à Dakar de la Commission mixte Énergie et Mines, Infrastructures, Agriculture, Environnement et Ressources naturelles du Parlement de la CEDEAO hier, vendredi 19 juin 2026, le député sénégalais Guy Marius Sagna a lancé un appel pressant en faveur d’un financement accru de la transition énergétique en Afrique de l’Ouest.
S’appuyant sur les données présentées par les experts durant les cinq jours de rencontre, le parlementaire sénégalais Guy Marius Sagna a souligné l’ampleur du défi énergétique dans la sous-région ouest africaine. « Seuls 12% des ménages ruraux ont l’électricité » et « près de 145 millions d’Ouest-Africains sont sans électricité », a-t-il rappelé, estimant que cette situation constitue un frein majeur au développement.
Pour Guy Marius Sagna, les États doivent investir davantage dans l’électrification, notamment à travers l’énergie solaire. « Nous ne pouvons pas être le continent où il y a le plus de soleil sur la planète Terre et être le continent où plus de 600 millions d’Africains sont sans électricité », a-t-il déclaré. Selon lui, « sans électricité, point de développement », mais aussi « point de prise en charge adéquate de la problématique du chômage et donc de l’émigration irrégulière ».
Le député a également plaidé pour l’installation d’industries locales capables de fabriquer des équipements solaires et pour un transfert de technologies permettant à la région d’atteindre « la souveraineté énergétique ».
Par ailleurs, il a dénoncé les détournements de deniers publics qui privent les populations d’investissements essentiels. « Nous ne pouvons pas accepter que 145 millions d’Ouest-Africains soient sans électricité et qu’au même moment des autorités détournent l’argent de ces populations-là », a-t-il lancé. Il a aussi exigé davantage de transparence au sein des institutions communautaires, réclamant la transmission régulière des rapports d’audit de la CEDEAO.
Enfin, Guy Marius Sagna a réaffirmé son combat pour la transformation du Parlement de la CEDEAO en institution législative afin de renforcer son pouvoir de contrôle et de soutien aux entreprises locales. « Dóomu réew mi moy tabax réew mi » (« ce sont les fils du pays qui construisent le pays »), a-t-il conclu, plaidant pour une meilleure protection des entreprises ouest-africaines face à la concurrence étrangère.
Ousmane GOUDIABY
Sud quotidien

