Dans son journal en wolof diffusé ce mardi matin, la RFM a laissé entendre qu’Ousmane Sonko aurait changé de position sur la question de la dette cachée, voire renié ses convictions antérieures. Une telle présentation repose sur une interprétation partiale et déformée de ses propos, qui ne reflète ni leur sens ni leur contexte.
À aucun moment, au cours de son entretien accordé à France 24 et à RFI, Ousmane Sonko n’a affirmé que la dette cachée n’existait pas. Une telle interprétation ne correspond ni à ses déclarations ni au sens de ses propos. Interrogé sur la raison pour laquelle il n’avait pas demandé son annulation alors qu’il l’avait qualifiée de « dette odieuse », il a simplement rappelé qu’en sa qualité de Premier ministre, il ne disposait pas de l’ensemble des prérogatives institutionnelles relevant du chef de l’État. Cette réponse traduit une réalité constitutionnelle et le respect de la répartition des compétences au sommet de l’exécutif.
Transformer cette précision en prétendu revirement constitue une déformation du débat public. C’est précisément le refrain repris par une opposition affaiblie, incapable de proposer une alternative crédible et réduite à entretenir la polémique.
En donnant un écho complaisant à cette lecture partiale, la RFM apparaît moins comme un média soucieux d’éclairer l’opinion que comme une officine médiatique reprenant les narratifs des amis de Macky Sall.

