A Dakar, la 32e Assemblée nationale régionale d’Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) s’est ouverte ce lundi 18 mai 2026. A cette occasion, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a estimé que la réponse à la crise sécuritaire qui secoue l’Afrique et le Sahel «ne sera ni purement militaire, ni purement extérieure», au cours de sa prise de parole.
«Du Sahel central aux côtes du Golfe de Guinée, des groupes armés, des trafics et des menaces hybrides, informationnelles, cybernétiques et criminelles éprouvent la résilience de nos États. Nous savons, nous Africains francophones, que la réponse ne sera ni purement militaire, ni purement extérieure», a dit El Malick Ndiaye.
Le parlementaire a estimé, cependant, que des solutions sont à portée de mains, avec de la volonté dans chaque Etat. «La situation exige des parlements forts, capables de voter des lois antiterroristes sans renoncer aux libertés, de contrôler les budgets de dépenses sans complaisance, et d’arbitrer les coopérations sécuritaires à l’aune du seul intérêt national», a-t-il expliqué.
Le député a aussi rappelé que l’une des causes de l’instabilité politique et sécuritaire réside dans les injustices économiques. Il a donc appelé ses paires à voter des lois qui tiennent compte des intérêts du peuple. «Nos pays demeurent encore trop souvent enserrés dans des chaînes de valeur où ils apportent la matière première et reçoivent la part la plus faible de la richesse créée. La transition énergétique mondiale, les nouvelles routes des minerais critiques, la redéfinition des architectures financières internationales, autant de chantiers où l’Afrique francophone doit cesser d’être un sujet pour devenir un acteur. Et ce passage du sujet à l’acteur se joue d’abord dans nos hémicycles, par la qualité de nos lois minières, fiscales, budgétaires et environnementales», a-t-il précisé.
Cet événement de haut niveau, qui prendra fin le 20 mai, voit aussi la participation notable de plusieurs figures politiques majeures du continent, à l’instar de l’ancien Premier ministre Patrick Achi, à la tête de la délégation parlementaire ivoirienne. Le président du parlement mauritanien Mohamed Bemba Meguett, le président de l’Assemblée nationale centrafricaine Simplice Mathieu Sarandji, ainsi que leur homologue gabonais Michel Régis Onanga M. Ndiaye, prennent part à la rencontre.
Charles KOSSONOU

