En procédant hier, mardi 3 mars, au lancement du compte à rebours manquant le démarrage officiel de l’opération exceptionnelle de contrôle technique des autocars interurbains de 12 à 19 places communément appelés « Cheikhou Chérifou », le ministre des Transports terrestres et aériens a annoncé qu’aucune dérogation ne sera accordée au-delà du délai fixé au 2 mai, à minuit. Yankhoba Diémé qui insistait sur la rigueur des instructions reçues du Premier ministre, a appelé les transporteurs à se conformer sans délai à cette mesure de sécurité, sous peine d’interdiction de circuler sur le territoire national.
Le ministre des Transports a réaffirmé la fermeté de l’État dans la mise en œuvre de l’opération de contrôle de tous les 6 882 minicars de transport en commun interurbains de 12 à 19 places, dans les centres de contrôle technique des véhicules automobiles (CCTVA) de Hann et de celui de Diamniado, lancée hier, mardi 3 mars, et prévue jusqu’au 2 mai à minuit.
Dans un contexte où plus de 60% des accidents impliquent directement ces autocars, Yankhoba Diémé se dit convaincu que cette décision prise après une large concertation avec l’ensemble des syndicats, mais également validée au plus haut niveau en Conseil des ministres et partagée à l’Assemblée nationale à la suite d’une interpellation des députés, « doit avoir un fort impact sur la sécurité routière particulièrement constatée dans le cadre des transports interurbains. »
Sur le terrain, il a tenu à rassurer les transporteurs, soulignant que ce rappel aux normes ne représente « aucun frais exorbitant ou anormal » pour les professionnels du secteur. Sa présence dans les centres de visite technique, a-t-il expliqué, traduit sa volonté d’accompagner les transporteurs afin que l’opération se déroule dans les meilleures conditions possibles et qu’ils en subissent le moins de désagréments. À Dakar, deux lignes spécifiques ont été dédiées aux autocars, permettant de contrôler jusqu’à plus de 1 600 véhicules par jour. Un dispositif qui vise à fluidifier le processus et à éviter les longues files d’attente.
Le MITTA a exhorté l’ensemble des transporteurs concernés à se conformer sans tarder à cette mesure. Il a d’ailleurs indiqué avoir adressé une note à tous les gouverneurs du Sénégal pour assurer un suivi rigoureux de l’opération sur l’ensemble du territoire. « Je ne descendrai d’aucun millimètre sur la rigueur qui m’a été donnée comme instruction par le Premier ministre », a-t-il martelé.
En cas de conformité, rassure-t-il, les véhicules seront autorisés à circuler librement. Un hologramme sera apposé sur la carte grise, permettant aux forces de l’ordre d’identifier rapidement les véhicules en règle et d’éviter des contrôles prolongés sur la route. En revanche, pour les transporteurs récalcitrants ceux qui ne se présentent pas au contrôle ou dont les véhicules présentent des anomalies il sera exigé une mise en conformité. Les services techniques recommanderont une seconde visite afin de corriger les défaillances constatées. Si le contrôle n’est pas effectué ou si les normes ne sont pas respectées, le véhicule ne pourra tout simplement pas circuler.
Le ministre a insisté sur le caractère non négociable de la mesure. « C’est une décision de sécurité qui ne peut souffrir d’aucune dérogation », a-t-il déclaré. Et de prévenir, « Aucun véhicule ne respectant pas les normes en vigueur ne sera autorisé à rouler sur le territoire national. » Enfin, il a précisé que ces dispositions ont été prises en coordination avec le ministre de l’Intérieur et celui des Forces armées, afin de garantir l’application stricte des contrôles et d’assurer la sécurité des usagers de la route.
OUSMANE GOUDIABY

