Le gouvernement et le G7, groupe de syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation, ont procédé, hier, à la Primature, à la signature d’un protocole d’accord. Cet acte, effectué lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre, Ousmane Sonko, en présence de la communauté éducative, marque ainsi la fin d’une longue grève entamée par les enseignants depuis le début de l’année scolaire.
Toutes composantes confondues, les acteurs de l’école se sont retrouvés, hier, en début de soirée, à la Primature, pour assister à une cérémonie qui fera date dans le secteur de l’éducation. La signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement et les syndicats membres du G7. Ces derniers sont les plus représentatifs du secteur de l’éducation et observaient une grève cyclique depuis le début de l’année scolaire. Ils exigeaient du gouvernement l’apurement total des accords signés avec l’ancien régime.
La rencontre a réuni autour du Premier ministre Ousmane Sonko et du ministre de l’Éducation nationale, ses homologues de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de la Fonction publique et du Renouveau du service public, ainsi que la société civile éducative, les parents d’élèves et le Haut Conseil du dialogue social. L’événement marque ainsi un nouveau tournant dans l’école avec la reprise des enseignements-apprentissages sans heurt grâce à la satisfaction de l’essentiel des points figurant sur la plateforme revendicative des syndicats du G7.
Selon le protocole d’accord, le gouvernement et les syndicats d’enseignants ont trouvé un accord sur l’essentiel des points concernant les décisionnaires du système éducatif. Il a été convenu de mettre en place un Guichet unique pour réfléchir à l’application des décrets nᵒ 2026-65 et n° 2026-66 portant statut des décisionnaires et leur reversement au Fonds national de retraite (Fnr) afin de prendre en charge l’allongement de l’âge à la retraite de ces derniers à 65 ans tel que souhaité par les G7.
L’État et les syndicalistes sont tombés d’accord aussi sur la question des lenteurs administratives. À ce sujet, le gouvernement s’engage à digitaliser tout le processus et à créer aussi un Guichet unique qui se chargera, par semestre, de prendre en charge certains points tels que la délivrance des diplômes professionnels, les cotisations sociales et de réduire les circuits administratifs.
Un nouveau tournant
D’ici décembre, le gouvernement s’engage aussi à régulariser certains titres et parcelles concernant l’habitat social des personnels enseignants. Un programme de parcelles clés en main est aussi prévu. L’État s’engage aussi à accélérer le processus de résorption des abris provisoires et à généraliser la connectivité d’ici fin 2027.
Un Fonds d’appui sera institué aussi afin de prendre en charge la question des indemnités d’examens et concours. Le gouvernement s’engage aussi à payer « intégralement » les indemnités aux intervenants extérieurs des Centres régionaux de formation des personnels enseignants (Crfpe) 2023-2024 et 2024-2025 au plus tard fin juin 2026, renseigne le protocole.
Le processus pour le paiement des indemnités des examens scolaires (Bac, Bfem et Cfee) sera aussi digitalisé. Un comité ad hoc sera mis en place avec le G7 d’ici fin mai 2026 pour corriger la surimposition des rappels. À ce sujet, le gouvernement a pris l’engagement d’apurer totalement les arriérés. L’indemnité de logement des Inspecteurs d’académie (Ia) sera aussi révisée d’ici fin 2026, a-t-on indiqué dans le protocole.
Celui-ci mentionne aussi toutefois que certains points ont été renvoyés à la rubrique perspective pour traitement. On peut citer notamment les réserves sur la défiscalisation totale (pour un coût de 12 milliards de FCfa par an). Une étude sera engagée aussi pour le reversement des instituteurs en B2 pour préserver l’équilibre des corps.
Le Premier ministre a saisi l’occasion pour saluer l’engagement des parents d’élèves ainsi que celui de la société civile éducative et des ministres impliqués dans la recherche de solutions et la consolidation du dialogue avec les syndicats d’enseignants. « L’État ne refusera rien qui soit possible aux enseignants », a dit Ousmane Sonko, invitant les syndicats à « intégrer les réalités du contexte actuel ».
Il en a profité pour souligner l’intérêt que lui et son gouvernement accordent à l’école publique. « L’école, il faut l’aimer pour la servir, surtout l’école publique qui a fait de beaucoup d’entre nous ce que nous sommes devenus », a affirmé M. Sonko, garantissant dans la foulée aux G7 l’engagement du gouvernement, notamment des ministres concernés, à respecter ce protocole d’accord. Le Premier ministre a invité les enseignants à trouver des mécanismes pour rattraper les heures perdues à cause de la grève.
Seydou Prosper SADIO

