Médecin de renommée internationale, ancienne ministre de la Santé, figure majeure du domaine au niveau international, Pr Awa Marie Coll Seck incarne un parcours où l’excellence ne se mesure pas aux distinctions accumulées, mais à la constance du service rendu. Choisie comme marraine de l’édition 2026 du Concours général, elle offre à la jeunesse sénégalaise bien plus qu’un parcours d’exception mais plutôt une certaine idée de l’excellence, où la réussite ne vaut que si elle élève les autres.
À première vue, son parcours impressionne par son ampleur. Médecin spécialiste des maladies infectieuses et de bactériologie-virologie, ancienne ministre de la Santé à deux reprises, ancienne directrice exécutive du Partenariat Roll back malaria (Rbm), ancienne responsable à l’Onusida, présidente de Galien Africa, auteure de plus de 150 publications scientifiques, membre de nombreuses instances internationales et lauréate de prestigieuses distinctions, Awa Marie Coll Seck appartient à cette catégorie rare de personnalités qui ont marqué durablement leur domaine. De Dakar à Genève en passant par l’hôpital de Fann aux plus hautes instances internationales, Pr Awa Marie Coll Seck n’a cessé de défendre une même conviction : « Le savoir n’a de sens que lorsqu’il est mis au service de l’humanité ». Choisie cette année comme marraine du Concours général, Awa Marie Coll Seck offre à la jeunesse sénégalaise bien plus qu’un parcours d’exception mais plutôt une certaine idée de l’excellence, où la réussite ne vaut que si elle élève les autres. « J’ai accueilli cette distinction avec beaucoup d’émotion et de gratitude », confie-t-elle. Pour elle, le Concours général représente « l’une des plus belles expressions de l’idéal républicain sénégalais ».
Depuis près d’un siècle, cette institution célèbre le mérite, le travail et l’excellence intellectuelle. Être choisie pour accompagner cette édition dépasse, dit-elle, sa propre personne. Elle y voit avant tout une reconnaissance de ce que l’école sénégalaise lui a apporté et une occasion de transmettre aux plus jeunes les enseignements d’une vie consacrée à la science, au service public et à l’intérêt général. Cette volonté de transmettre traverse l’ensemble de son parcours. Loin de considérer l’excellence comme un talent réservé à quelques privilégiés, elle la définit comme une discipline quotidienne. « L’excellence n’est ni un privilège ni un don. C’est une discipline », dit-elle. Une phrase qui résume une carrière bâtie sur la rigueur, le travail et la persévérance. Cette culture de l’exigence lui a valu une reconnaissance internationale exceptionnelle. En 2017, elle est désignée «Meilleure ministre du monde » lors du Sommet mondial des gouvernements à Dubaï. En mai 2025, l’Organisation mondiale de la santé lui remet le Prix de Directeur général pour l’ensemble de sa contribution à la santé mondiale. Quelques mois plus tard, elle est distinguée Championne africaine de la chaîne d’approvisionnement des produits de santé lors du Forum africain sur le renforcement de la chaîne d’approvisionnement en produits de santé (Farcaps) 2025.
Mais ces récompenses ne semblent jamais constituer une fin en soi. D’après la présidente de Galien Africa, elles apparaissent plutôt comme les conséquences naturelles d’un engagement guidé par quelques principes immuables. Il s’agit notamment « de servir avant de se servir », « agir avec intégrité même lorsque les circonstances rendent ce choix difficile et ne jamais cesser d’apprendre ». Ces valeurs, explique-t-elle, ont orienté chacune des responsabilités qu’elle a assumées, qu’il s’agisse de diriger des institutions internationales, de conduire des politiques publiques ou de travailler auprès des populations les plus vulnérables.
Le savoir au service des autres
Au fil de cette trajectoire exceptionnelle, elle a côtoyé chefs d’État, scientifiques, chercheurs, partenaires techniques et communautés locales. Cette diversité d’expériences nourrit chez elle une conviction forte : « le respect ne découle jamais du titre que l’on porte. Il se construit par la compétence, la cohérence entre les paroles, les actes et l’attention portée aux autres ». À une époque où les défis deviennent de plus en plus complexes, elle plaide pour un leadership fondé sur la coopération plutôt que sur l’autorité. Les grandes réussites, rappelle-t-elle, sont toujours collectives. Cette confiance dans la force du collectif nourrit également son regard sur la jeunesse sénégalaise. Elle refuse une lecture pessimiste des nouvelles générations. Bien au contraire, chaque rencontre avec de jeunes chercheurs, médecins, entrepreneurs ou élèves ravive chez elle la conviction que l’avenir est entre de bonnes mains.
Son analyse du système éducatif sénégalais s’inscrit dans cette même logique d’espérance exigeante. Awa Marie Coll Seck salue le rôle majeur qu’a joué l’école dans la formation de générations de sénégalais. Mais elle insiste sur l’urgence d’adapter l’enseignement aux profondes mutations contemporaines. Pour elle, les connaissances académiques ne suffisent plus. Les jeunes devront également maîtriser la pensée critique, la résolution de problèmes complexes, les compétences numériques, les langues, le travail en équipe et l’ouverture au monde. « L’accès aux technologies, à l’intelligence artificielle, aux laboratoires et aux réseaux internationaux constitue désormais un nouvel enjeu d’égalité des chances », renchérit-elle, appelant à renforcer la place des sciences, de la recherche, de l’innovation et de l’engagement citoyen dans la vie. La marraine de l’édition 2026 du Concours général reste convaincue que le Sénégal de demain aura besoin non seulement de compétences de haut niveau mais aussi de femmes et d’hommes profondément responsables.
Aux lauréats du Concours général, Pr Awa Marie Coll Seck les invite à savourer leur réussite sans jamais la considérer comme un aboutissement. Aux autres candidats, elle rappelle que le véritable échec ne réside pas dans le classement, mais dans le renoncement à apprendre, à croire en soi ou à poursuivre ses rêves. Pour celle qui fut aussi internationale de basketball avant de devenir l’une des grandes voix africaines de la santé mondiale, la réussite ne prend jamais tout son sens si elle ne permet pas d’ouvrir des portes aux autres, notamment aux jeunes et aux femmes. « Le savoir n’a de valeur que s’il est mis au service des autres », insiste-t-elle.
Par Maguette Guèye DIEDHIOU

