Plus de 177.000 personnes, soit près de 18.000 ménages, ont bénéficié de l’assistance du Commissariat à la sécurité alimentaire et à la résilience (Csar) au cours de l’année 2025.
Entre opérations d’aide alimentaire, gestion des stocks stratégiques, régulation des marchés céréaliers, renforcement des capacités institutionnelles et actions de résilience, l’établissement public autonome a présenté, hier, un bilan marqué par la consolidation de sa gouvernance et l’élargissement de ses interventions sur l’ensemble du territoire national.
Au total, 177.093 personnes, représentant environ 18.000 ménages, ont été assistées par le Commissariat à la sécurité alimentaire et à la résilience (Csar) en 2025. Ce chiffre, dévoilé, hier, lors de la présentation du rapport annuel de l’établissement, illustre l’ampleur des interventions menées en faveur des populations vulnérables, des victimes de catastrophes, des habitants des zones confrontées à une insécurité alimentaire chronique ainsi que des participants aux grands rassemblements religieux.
Pour le secrétaire général du Csar, Massamba Diop, « la sécurité alimentaire et la résilience constituent aujourd’hui des priorités de l’action publique au Sénégal ». Revenant sur les résultats enregistrés, il a évoqué un contexte marqué par les effets du changement climatique, les fluctuations des marchés agricoles et les vulnérabilités socio-économiques qui continuent d’affecter une partie importante de la population. Dans le programme de retour des personnes déplacées en Casamance, le Csar a également accompagné 2.000 ménages recensés dans plusieurs localités. Cette opération s’inscrit dans les mesures prises par l’État pour favoriser leur réinsertion socio-économique. Au-delà des interventions opérationnelles, l’année 2025 a été consacrée au renforcement de la gouvernance interne de l’institution. Un diagnostic organisationnel a été réalisé afin d’évaluer les ressources humaines, les moyens matériels ainsi que les forces et les faiblesses de la structure.
Des sessions de renforcement de capacités ont ensuite été organisées autour de plusieurs thématiques, notamment la gouvernance des établissements publics, le management, la communication institutionnelle, la sécurité alimentaire, la résilience, la transparence, la protection des données personnelles et les textes régissant les établissements publics. Le Commissariat a également poursuivi ses actions de résilience à travers l’installation de coopératives agricoles communautaires dans les zones les plus exposées à l’insécurité alimentaire. Les premières récoltes ont été enregistrées en 2025 avant d’être stockées dans les infrastructures aménagées à cet effet. Parallèlement, une importante enquête sur les déficits alimentaires et nutritionnels a été menée avec l’appui du Programme alimentaire mondial (Pam) et d’autres partenaires techniques. « La sécurité alimentaire repose sur quatre dimensions essentielles : la disponibilité, l’accessibilité, la qualité et la stabilité », a rappelé le secrétaire général. Selon lui, cette enquête vise à mieux comprendre les contraintes économiques, sociales et culturelles qui limitent l’accès des populations à une alimentation adéquate.
100% du riz distribué est d’origine locale
L’année 2025 marque également un tournant dans la politique d’approvisionnement du Csar. Alors que seulement 11% du riz acquis provenaient de la production nationale en 2024, le Commissariat indique avoir atteint, en 2025, un taux de 100% d’approvisionnement en riz local. « Au total, 1.500 tonnes ont été acquises exclusivement auprès de producteurs de la vallée du fleuve Sénégal », souligne le rapport. Cette évolution est présentée comme une anticipation des orientations de l’État en faveur de la souveraineté alimentaire et du soutien à la production nationale.
Par Babacar Guèye DIOP

