Interrogé sur le durcissement récent des peines liées aux pratiques homosexuelles au Sénégal, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a livré l’une de ses prises de position les plus fermes depuis son départ de la Primature. Face aux critiques formulées par plusieurs organisations de défense des droits humains, des responsables des Nations unies ainsi que certains partenaires occidentaux, le leader de PASTEF a défendu sans détour la politique adoptée par le Sénégal.
Au cours de cet entretien accordé à France 24, le journaliste a évoqué les nombreuses arrestations enregistrées ces derniers mois ainsi que les critiques internationales dénonçant une « chasse aux homosexuels ». Une accusation que Sonko a catégoriquement rejetée.
Selon lui, il est inexact de présenter la législation sénégalaise comme une nouveauté introduite par les nouvelles autorités. Il rappelle que la pénalisation des relations homosexuelles existe depuis plusieurs décennies dans le Code pénal sénégalais, bien avant l’arrivée de PASTEF au pouvoir.
« Cette loi date de l’époque du président Léopold Sédar Senghor », a-t-il souligné, ajoutant que les arrestations liées à cette infraction existaient déjà sous les précédents régimes.
Le président de l’Assemblée nationale estime également que certains médias occidentaux présentent une lecture incomplète des affaires récentes. Il affirme que plusieurs dossiers ayant conduit à des arrestations ne concernaient pas uniquement des faits liés à l’homosexualité, mais également des accusations de transmission volontaire du VIH.
Pour Sonko, cet aspect est volontairement minimisé dans les critiques formulées à l’encontre du Sénégal.
Au-delà de la question pénale, le leader de PASTEF a replacé le débat sur le terrain de la souveraineté nationale. Selon lui, le Sénégal est libre de définir ses propres normes sociales, culturelles et juridiques sans subir de pression extérieure.
« Le Sénégal est un pays souverain. Il n’a pas à se justifier des lois qu’il prend devant l’Occident ou devant qui que ce soit », a-t-il déclaré.
Dans son argumentaire, Sonko a également pointé du doigt ce qu’il considère comme un double standard dans les relations internationales. Il a notamment cité certaines législations françaises qui ont fait l’objet de critiques d’instances onusiennes, estimant que le Sénégal ne s’est jamais immiscé dans ces débats internes.
Pour lui, le respect mutuel entre États suppose que chaque pays puisse légiférer conformément à ses valeurs, à sa culture et aux convictions majoritaires de sa population.
Interrogé sur une éventuelle révision de la loi, sa réponse a été sans ambiguïté. Non seulement il exclut tout recul sur le dispositif actuel, mais il n’écarte pas non plus un éventuel renforcement futur de l’arsenal juridique si les circonstances venaient à l’exiger.
« Nous n’y reviendrons absolument pas », a-t-il affirmé.
Cette déclaration confirme la volonté des dirigeants de PASTEF de maintenir une ligne conservatrice sur cette question sociétale particulièrement sensible au Sénégal. Elle risque également d’alimenter les débats avec plusieurs organisations internationales qui continuent de réclamer une dépénalisation de l’homosexualité dans le pays.
Au-delà de la polémique, cette sortie de Sonko apparaît surtout comme un message adressé à l’opinion nationale. Dans un contexte politique marqué par des tensions internes au sommet de l’État, le président de l’Assemblée nationale réaffirme son attachement aux valeurs culturelles et religieuses qui constituent, selon lui, le socle de la société sénégalaise.
Dakaractu

