L’Institut national de recherches agricoles (Isra) a initié, le 12 juin, une journée de préprogrammation de l’année 2027 pour une meilleure prise en compte des préoccupations des communautés du monde rural. Les agriculteurs ont profité de l’occasion pour relever leurs difficultés liées aux ravageurs, à l’arrivée tardive des semences et à l’insuffisance des engrais.
DIOURBEL- L’Institut national de recherches agricoles (Isra) invite le gouvernement à mettre en place un système national de planification permettant aux paysans et producteurs de disposer des semences à temps. La recommandation a été faite par le directeur du Centre d’étude régional pour l’amélioration de l’adaptation à la sécheresse (Ceraas), Djido Ardo Kane. Il s’exprimait, le 12 juin, à l’occasion de la journée de préprogrammation des activités de recherche de l’année 2027 de l’Isra au Centre national de recherches agronomiques (Cnra) de Bambey. Chercheur à l’Isra, M. Kane a expliqué que ce système de planification consiste à ne pas attendre la campagne pour démarrer les opérations et à anticiper sur les besoins en semences (les variétés, les zones adaptées à chaque semence et les quantités).
« L’Isra développe des semences, mais il faut des multiplicateurs pour qu’il y ait des quantités suffisantes, un bon système de distribution avec des agréments fiables et un bon suivi de la distribution et de la multiplication des semences », a-t-il remarqué. Cette journée de préprogrammation des activités de recherche de l’Isra a permis aux agriculteurs de relever les difficultés qu’ils rencontrent dans le cadre de leurs activités. Ces problèmes concernent principalement les ravageurs des récoltes, le faible accès aux semences et l’insuffisance des appuis en engrais. Les chercheurs de l’Isra ont promis de proposer aux agriculteurs des solutions adaptées à leur système de production. Ils ont également demandé à la Direction de l’Agriculture et aux services décentralisés du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (Masae) d’accompagner les producteurs pour booster les productions nationales.
Djido Ardo Kane a souligné que cette journée de préprogrammation vise à créer des cadres d’échanges entre les bénéficiaires des résultats de la recherche et les acteurs de la recherche. « Nous voulons travailler ensemble pour voir comment régler certains problèmes dans le monde rural. On essaie de voir comment régler certaines difficultés du monde rural et comment accompagner l’agriculture pour que le secteur tire l’économie sénégalaise », a-t-il conclu.
L’Isra de Bambey s’affirme comme une référence dans la production de semences. La visite du programme Pacae sur le site de production semencière, le 13 juin, a permis de faire le point sur les productions des dernières années. Selon Aminata Colé Diouf, ingénieure d’études à l’Unité de production de céréales et de légumineuses de l’Isra de Bambey, les résultats enregistrés entre 2021 et 2025 se répartissent entre 43 tonnes de semences G2 (deuxième génération), 873 tonnes de semences G3 (troisième génération) et 76,6 tonnes de semences de base.
992,6 tonnes produites
Les cultures les plus représentatives sont le riz irrigué, avec 446 tonnes produites, et l’arachide, avec 337 tonnes. Mme Diouf a aussi indiqué que, durant la contre-saison froide de 2026, l’Isra a produit 31,6 tonnes de semences d’arachide, dont 18 tonnes de G3, 12 tonnes de R1 et 800 kilogrammes de semences de base. Tout en se félicitant de ces performances, elle a souligné que l’objectif reste l’atteinte de l’autosuffisance semencière, préalable indispensable à la souveraineté alimentaire. « Nous sommes sur la bonne voie. L’Isra est conscient qu’il ne peut y avoir d’autosuffisance alimentaire sans autosuffisance en semences. C’est pourquoi nous mettons à profit nos stations de recherche et travaillons avec des partenaires disposant de fortes capacités d’irrigation », a-t-elle déclaré. Les responsables de l’Institut appellent toutefois l’État à renforcer son accompagnement, notamment en matière d’aménagements hydroagricoles. D’après Aminata Colé Diouf, l’augmentation des superficies irrigables et des capacités d’irrigation constitue une condition essentielle pour satisfaire durablement les besoins des producteurs sénégalais en semences de qualité. De son côté, le responsable de l’unité de production de semences de céréales et de légumineuses de l’Isra de Bambey, Maguette Sèye, a rappelé les principales missions de la structure. Celles-ci consistent notamment à fournir des semences de prébase aux partenaires agréés pour la production de semences certifiées, à contribuer à la reconstitution du capital semencier national et à renforcer les capacités des producteurs afin d’améliorer leur maîtrise des itinéraires techniques de production semencière.
Oumar Bayo BA

