La décision du COMEX de Pastef d’ordonner à ses membres de quitter le gouvernement ne concerne formellement que les militants du parti. Cheikh Tidiane Dièye, Moustapha Mamba Guirassy, Mamadou Lamine Dianté et Déthié Fall, respectivement aux commandes de l’Hydraulique, de l’Éducation nationale, de la Fonction publique et des Infrastructures ne sont donc pas juridiquement liés par cette injonction. Mais cette réalité formelle ne clôt pas le débat, elle l’ouvre.
Car plusieurs questions méritent d’être posées. Ousmane Sonko a-t-il délibérément ménagé ces quatre alliés en s’abstenant de toute pression directe sur leur choix ? A-t-il volontairement évité toute démarche susceptible de les placer dans une position inconfortable, leur laissant ainsi une marge de manœuvre que ses propres camarades de Pastef n’ont pas eu ? Si tel est le cas, ce serait là un geste politique calculé celui d’un homme qui sait qu’il aura besoin de ces soutiens, quelle que soit la case où il atterrit demain.
L’hypothèse inverse mérite tout autant d’être explorée. Si ces alliés venaient eux-mêmes à décider de partir, Sonko pourrait très bien les inviter à rester, précisément pour ne pas les froisser et préserver des équilibres soigneusement entretenus. Le maintien de Cheikh Tidiane Dièye, Moustapha Guirassy, Mamadou Lamine Dianté et Dethié Fall dans leurs portefeuilles respectifs serait alors le signe d’une transition en douceur, sans rupture brutale avec les partenaires de la première heure.
Dans tous les cas, ce qui se joue ici dépasse la simple question de la présence ou de l’absence dans un conseil des ministres. C’est la recomposition des alliances à venir qui se dessine et chaque choix, chaque silence, chaque maintien de poste est déjà un positionnement.
Cheikh Sadibou Fall

