Le président Macky Sall, a officiellement posé sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies ce 22 avril au siège des Nation Unies à New York. Face aux États membres, il a promis un Secrétaire général « bâtisseur de ponts », fort de quarante ans d’expérience publique, et a plaidé pour un multilatéralisme rénové, alliant révolution technologique maîtrisée, financements innovants du développement et réforme courageuse du Conseil de sécurité.
L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a officiellement soumis sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Face aux représentants des États membres, celui qui aspire à succéder à António Guterres a déroulé sa feuille de route.
« En même temps, des perspectives inédites s’offrent au monde, avec l’avancée fulgurante des technologies, particulièrement l’intelligence artificielle. Gouvernée avec sagesse, la révolution technologique est un formidable accélérateur de progrès au service de l’humanité », a-t-il déclaré, appelant à ne pas craindre le changement mais à l’encadrer.
Pour Macky Sall, le multilatéralisme n’est pas une option, mais une nécessité absolue face à l’urgence des défis et à la promesse des opportunités. « Sauvegarder la paix et la sécurité internationales, protéger les droits humains, promouvoir le développement et favoriser la coopération entre les peuples », telles sont, selon lui, les boussoles de l’action collective.
Un parcours « du bas de l’échelle au sommet de l’État »
Fonctionnaire, directeur de société nationale, maire, ministre, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale, puis chef de l’État pendant douze ans : Macky Sall a longuement insisté sur la diversité de son expérience. « Ce que je souhaite apporter à l’Organisation, c’est une tradition d’échanges de plusieurs années avec la plupart des dirigeants ici représentés, en Afrique, au G7, au G20 et dans d’autres cadres bilatéraux et multilatéraux », a-t-il énuméré.
De ce parcours, dit-il, il a appris à « dialoguer, écouter et consulter », mais aussi à « conduire des réformes, arbitrer entre des priorités et prendre des décisions parfois difficiles ». Et d’ajouter : « Je crois qu’en ces temps difficiles pour l’Organisation, l’épreuve du pouvoir m’a préparé à comprendre les attentes des États membres et à agir pour y répondre efficacement.»
Restaurer la confiance, apaiser les tensions
Sa première priorité, s’il est élu, sera de : « contribuer à restaurer la confiance, apaiser les tensions, réduire les fractures et redonner espoir dans notre action collective ». Il promet d’être un Secrétaire général impartial, « qui parle à tous, et qui écoute tous », un « bâtisseur de ponts entre les nations, entre les cultures et les civilisations, entre l’Est et l’Ouest, entre le Nord et le Sud ».
Sur le plan opérationnel, il annonce une « diplomatie préventive plus active » dans l’alerte précoce, la médiation et la coopération avec les organisations régionales, ainsi qu’une réflexion approfondie sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix. Les droits humains, martèle-t-il, seront maintenus « au cœur de l’agenda des Nations Unies », dans leur universalité et leur indivisibilité.
Dette, inégalités, climat : un plaidoyer pour un nouveau financement du développement
À quatre ans de l’échéance de l’Agenda 2030, Macky Sall dit vouloir veiller à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) et aux perspectives de l’après-2030. Mais il pointe un obstacle majeur : le poids de la dette, devenu « insoutenable pour de nombreux pays », et des inégalités qui « frappent d’abord les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes ».
Son expérience à la tête d’un pays en développement l’a convaincu que « les financements publics restent insuffisants ». Sa proposition : que le financement du développement soit « davantage porté par le partenariat, l’investissement et le commerce », avec un meilleur accès au crédit. Il suggère de faire du Forum sur le financement du développement, réunissant chaque année à New York l’ONU, les institutions de Bretton Woods, l’OMC, la CNUCED et le secteur privé, « le catalyseur » de cette nouvelle approche. « En créant les conditions d’une vie meilleure pour tous, nous réduirons en même temps les sources de migrations irrégulières », ajoute-t-il.
Réformer l’ONU : rationaliser, simplifier, optimiser
Macky Sall a affirmé que l’Organisation « peut et doit changer ». Trois impératifs guideraient son action : « rationaliser, simplifier, optimiser ». Il promet une meilleure coordination entre agences, fonds et programmes, et une gestion « transparente et rigoureuse » où chaque dépense répond aux efforts des États membres. Enfin, il se dit prêt à accompagner la réforme du Conseil de sécurité « sur une base consensuelle », afin de renforcer la légitimité, l’autorité et l’efficacité de son action. « Je donnerai le meilleur de moi-même pour une Organisation réconciliée avec ses principes, une Organisation revitalisée et à la hauteur des défis de notre temps », a-t-il conclu.
F NDIAYE

