Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a relevé mardi des avancées dans le respect du droit de réunion pacifique en 2025 ainsi qu’au cours du premier trimestre de 2026.
‘’Les progrès que nous avons notés pendant l’année 2025 et pendant le premier trimestre de 2026 montrent vraiment un plus grand respect des droits de réunion pacifique qu’on appelle habituellement le droit de manifester’’, a-t-il notamment déclaré.
Seydi Gassama s’exprimait à l’occasion du lancement du rapport annuel 2025 – 2026 d’Amnesty International, qui dresse un état des lieux des droits humains dans le monde au cours de la période concernée.
Selon lui, de plus en plus, les citoyens sénégalais sont autorisés à manifester. Il en veut pour preuve les différentes manifestations organisées au cours de l’année écoulée par Amnesty International, d’autres organisations de la société civile et des partis politiques.
‘’La coalition sénégalaise pour la Palestine a organisé plusieurs manifestations. Les partis politiques également. Et à chaque fois que des blocages ont eu lieu, les préfets ont parfois recouru à la société civile, y compris moi-même, pour voir comment arrondir les angles’’, s’est-il félicité.
Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal note, par ailleurs, une véritable volonté des autorités publiques de respecter davantage le droit de manifester, qui est ‘’fondamental’’.
‘’C’est la négation de ce droit qui a entraîné tous les morts que nous avons connus entre 2021 et 2024. Si les manifestations pacifiques avaient été autorisées, on n’aurait certainement pas eu de ces répressions violentes avec tout le lot de décès qu’elles ont entraîné’’, a déploré Seydi Gassama.
Entre 2021 et mars 2024, le Sénégal a connu des violences politiques qui ont entraîné selon le décompte d’associations de la société civile des dizaines de morts parmi les manifestants et de nombreux blessés.
Seydi Gassama a également salué les annonces du gouvernement visant à équiper les forces de sécurité (police et gendarmerie) de caméras individuelles (bodycams) et de terminaux numériques, afin de renforcer la transparence et la lutte contre la corruption, notamment sur les routes et lors des opérations de maintien de l’ordre.
Seydi Gassama : “Les violences policières continuent de causer des décès dans ce pays”
Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a déploré, mardi, les décès notés dans le pays entre 2025 et 2026 à cause des bavures policières, invitant l’Etat à faire la lumière sur ces cas.
“On parle beaucoup des décès entre 2021-2024, mais les violences policières ont continué à en causer dans ce pays, notamment la mort de jeunes après des interventions policières à Rosso et à Dakar”, a-t-il dit.
Seydi Gassama s’exprimait à l’occasion du lancement du rapport annuel 2025-2026 d’Amnesty international sur la situation des droits humains au Sénégal.
Il a salué, à cette occasion, l’engagement de l’Etat d’équiper les policiers les forces de l’ordre sur le terrain de caméras permettant d’enregistrer leurs interventions, afin de pouvoir les confronter en cas d’incidents.
Evoquant la question des réparations pour les victimes présumées des événements politiques de 2021-2024 ayant entraîné des dizaines de morts de manifestants, le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal a regretté qu’aucune famille ni aucune personne ayant subi des actes de torture n’ait encore obtenu justice.
“Les blessés n’ont pas obtenu justice. Ceux qui ont été arrêtés, emprisonnés, n’ont pas encore obtenu justice. Nous avons entendu le président de la République [Bassirou] Diomaye Faye dire que pendant [son] magistère, le temps de la politique ne va jamais supprimer le temps de la justice”, a rappelé Seydi Gassama.
“Lorsque la justice n’a pas lieu dans des délais raisonnables, c’est un déni de justice”, a-t-il tranché, citant Martin Luther King.
Selon lui, les pouvoirs publics auraient “pu prendre des initiatives pour faire la lumière sur ce qui s’est passé entre 2021 et mars 2024, parce qu’on ne peut pas accepter que 65 personnes perdent leur vie et que cela soit passé par pertes et profits, comme ça a souvent lieu ici au Sénégal”.
“Mais nous allons continuer à lutter”, a conclu le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal.
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