L’enquête prend des allures de véritable séisme judiciaire. Selon le quotidien Libération, le dossier tentaculaire instruit par la Brigade de recherches (Br) de Keur Massar continue de révéler ses ramifications inquiétantes, mettant en lumière un réseau aux multiples facettes mêlant personnalités publiques et activités criminelles présumées.
Au cœur de cette affaire, un nom revient avec insistance : Ibrahima Magib Seck. Présenté comme une pièce maîtresse du dispositif, il est décrit comme une véritable « bombe » entre les mains des enquêteurs, à l’image de Pape Cheikh Diallo, également cité dans ce dossier sensible.
Une enquête aux multiples chefs d’accusation
D’après Libération, l’affaire, déclenchée en février, repose sur des accusations particulièrement graves : association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui, blanchiment de capitaux, trafic de drogue, mais aussi des faits liés à des rapports sexuels non protégés avec transmission volontaire présumée du VIH/Sida.
L’arrestation de Chérif Aly Diatta, deuxième adjoint au maire de Ouakam, a marqué un tournant. Interpellé en même temps que plusieurs autres suspects, il partage un point commun avec eux : leur proximité supposée avec Ibrahima Magib Seck, décrit comme le pivot d’un réseau opérant entre Dakar et Saly.
Téléphones, aveux et messages compromettants
Les éléments techniques extraits du téléphone de Ibrahima Magib Seck ont joué un rôle clé dans l’avancée de l’enquête. Toujours selon Libération, ces données, notamment des messages à caractère sexuel, ont permis de confondre plusieurs suspects.
Face aux enquêteurs, Ibrahima Magib Seck serait lui-même passé aux aveux après son arrestation à Saly. Dans la foulée, plusieurs de ses présumés partenaires ont également reconnu leur implication. Au total, huit personnes ont été identifiées comme proches du suspect principal, dont six auraient déjà fait des aveux, parmi lesquelles le présentateur Ousmane Kadior Cissé.
Cependant, Chérif Aly Diatta continue de nier toute implication directe, malgré les éléments accablants. Il admet uniquement connaître certains protagonistes, dont Ibrahima Magib Seck et Djibril Dramé.
Un réseau structuré entre Dakar et Saly
L’enquête révèle l’existence d’une filière organisée, active entre Dakar et Saly, où des relations tarifées auraient été pratiquées. Les gendarmes ont également retracé certains parcours, notamment celui de Chérif Aly Diatta dans un hôtel huppé de Dakar, où il aurait rencontré plusieurs membres présumés du réseau.
Les investigations sont loin d’être terminées. D’autres suspects sont dans le viseur des autorités, avec des mesures déjà prises pour empêcher certaines sorties du territoire, via des oppositions adressées à la police de l’air et des frontières.
Une vague d’arrestations sans précédent
Le dossier a déjà conduit à une série d’arrestations impressionnante. Toujours selon Libération, pas moins de 68 personnes ont été interpellées à ce stade. Parmi elles, plusieurs ont été placées sous mandat de dépôt par le juge du premier cabinet de Pikine-Guédiawaye, portant le nombre total de mandats à 66, avec deux placements sous contrôle judiciaire.
Dakaractu

