En visite à la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara), le samedi 11 avril, le président de la République a défendu une transformation structurelle du secteur primaire articulée autour de la résilience climatique, de la production locale et de la création de valeur
Dans les allées de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara), entre des étals de céréales soigneusement disposées, des sacs d’arachide empilés et des stands colorés, où s’alignent fruits séchés, jus locaux et produits transformés, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a marqué plusieurs arrêts, échangeant avec exposants et producteurs au fil de sa visite. Ici, des transformatrices présentent des confitures artisanales et des sirops à base de bissap ; là, des éleveurs exposent des bêtes sélectionnées, tandis que des coopératives agricoles détaillent leurs techniques de production. Cette immersion au coeur des stands a donné à la visite une tonalité concrète, au plus près des réalités du terrain.
En effet, la souveraineté alimentaire s’impose comme un axe central de la politique économique sénégalaise. En déplacement à la Fiara, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la volonté de l’État de faire du secteur agricole un levier durable de croissance et d’indépendance. « Nous devons produire ce que nous consommons et transformer davantage localement pour créer de la richesse », a-t-il déclaré, posant les bases d’une stratégie orientée vers l’autosuffisance et la réduction progressive de la dépendance aux importations.
Sur le thème : « Agroécologie et souveraineté alimentaire face aux changements climatiques », l’édition 2026 de la Fiara met en avant les réponses à apporter à la vulnérabilité des systèmes agricoles. Dans ce cadre, le président de la République a échangé avec les acteurs du secteur et salué les initiatives orientées vers des pratiques plus durables, jugées essentielles pour renforcer la résilience des productions. Il a également insisté sur la nécessité d’une transformation structurelle. Les filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques sont appelées à jouer un rôle central, à la fois comme moteurs de croissance et comme instruments de réduction de la dépendance extérieure. « Ces filières doivent devenir des piliers de notre souveraineté nationale », a affirmé le chef de l’État, soulignant leur potentiel en matière de création de richesse, de diversification économique et de stabilisation des revenus ruraux. Cette orientation repose sur un renforcement de la production nationale, mais aussi sur une meilleure organisation des chaînes de valeur, encore jugées insuffisamment intégrées et peu compétitives à l’échelle régionale.
« Il ne s’agit plus seulement de produire, mais de transformer, de conditionner et de commercialiser localement », a précisé Bassirou Diomaye Faye, mettant en avant l’enjeu de l’industrialisation du secteur agricole. L’amélioration des infrastructures, l’accès au financement et le développement de l’agro-industrie apparaissent ainsi comme des leviers déterminants pour atteindre ces objectifs.
L’enjeu est également social : soutenir l’emploi, en particulier celui des jeunes et des femmes, dont l’implication est présentée comme déterminante pour l’évolution du secteur. « Les femmes et les jeunes sont au coeur de cette dynamique. Leur engagement est indispensable pour réussir cette mutation », a-t-il ajouté, appelant à renforcer les dispositifs d’accompagnement, de formation et d’accès aux ressources productives en leur faveur. Dans plusieurs stands animés par des groupements féminins, entre paniers tressés, produits transformés et démonstrations culinaires, cette dynamique apparaît déjà à l’oeuvre, portée par des initiatives locales en quête de structuration et de débouchés.
Par ailleurs, cette stratégie traduit une inflexion vers des modèles agricoles plus résilients, dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique et la pression sur les ressources naturelles. Elle s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’agriculture un pilier stable de la croissance et du développement économique du Sénégal. « Notre ambition est de bâtir une agriculture forte, résiliente et capable de soutenir durablement notre économie », a conclu le chef de l’État, appelant à une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs publics et privés autour de cet objectif stratégique.
Pathé NIANG

