La décision de la Caf de sacrer le Maroc, vainqueur sur tapis vert du Sénégal suite à son recours introduit auprès du Jury d’appel de l’instance, fait des vagues. Prenant le contrepied de cette décision, Malang Diédhiou a rappelé l’intangibilité de certaines lois du jeu et conforté le Sénégal dans ses droits.
Arbitre international et président de la Commission centrale des arbitres (Cca) du Sénégal, Malang Diédhiou a tenu à apporter une lecture claire de la situation tout en restant optimiste sur les chances du Sénégal de voir cette décision cassée s’il se fie aux lois du jeu. « À titre préliminaire, je voudrais dire tout mon étonnement d’avoir constaté que dans le dispositif décisionnel, seules les dispositions des articles 82, 83 et 84 du règlement de la Caf sont prises en compte », constate Malang Diédhiou qui s’interroge même sur les membres du Jury d’appel, ceux-là qui sont censés avoir plus d’expérience que ceux qui ont siégé en première instance. « S’ils ne sont pas plus expérimentés, c’est que ce problème de gouvernance que nous avons toujours dénoncé est encore là. Si c’est le cas, alors pourquoi ont-ils sciemment écarté les dispositions pertinentes des lois du jeu qui ont une primauté sur le règlement de la Can », s’interroge-t-il ?
En effet, tous les matches sont disputés selon les lois du jeu et il y a de ces lois qui sont intangibles. Des lois qui ne donnent aucune possibilité aux règlements des compétitions à toute modification. Le Jury d’appel a clairement indiqué que le Sénégal a perdu le match sur tapis vert parce qu’ayant constaté un abandon de la part des Lions, donc conformément aux dispositions de l’article 82 qui dit que les joueurs ou l’équipe qui quitte le terrain perd le match. Mais, c’est là où le bât blesse car le Sénégal n’a pas quitté définitivement le terrain, selon M. Diédhiou. Cette question a fait, rappelle-t-il, l’objet d’un règlement au niveau de l’article 5 des lois du jeu (2025-2026). « L’arbitre peut, en fonction de la gravité d’un incident, décider de la poursuite d’une rencontre, de son interruption ou de son arrêt définitif. Les faits vécus le jour de la finale font état d’une interruption temporaire puisque l’arbitre a fait reprendre le match jusqu’à sa fin », a-t-il souligné.
À partir de ce moment, estime Malang Diédhiou, on ne peut pas invoquer les dispositions des articles 82, 83 et 84 du règlement de la Can qui traitent de cas de match arrêté de manière définitive. « En nous basant sur la loi 5, on peut dire qu’aucun jury, aucune autre instance ne peut invalider le résultat d’un match définitif et le match Sénégal-Maroc a été joué jusqu’à son intégralité », fait savoir le patron des arbitres sénégalais. Ce dernier a aussi insisté sur les sanctions lorsque les joueurs de l’équipe du Sénégal ont quitté le terrain en rappelant que cette situation est aussi bien prise en compte par la loi 12 qui permet à un arbitre de football de pouvoir infliger des sanctions disciplinaires lorsqu’un joueur quitte temporairement le terrain sans son autorisation.
Cette sanction s’applique lorsque le joueur n’a pas reçu l’autorisation de pénétrer le terrain ou de la quitter délibérément. principe intangible « Tout cela pour dire qu’en définitive, la loi 10, qui traite de l’issue d’un match, dit qu’un but est marqué lorsque le ballon franchit entièrement la ligne de but entre les poteaux et sous la barre transversale sous réserve qu’aucune faute ou infraction aux lois du jeu n’ait été commise par l’équipe ayant marqué le but », souligne M. Diédhiou. Il fait un rappel : « le Sénégal a marqué un but mais là où c’est le plus intéressant c’est que dans cette même loi 10 au point 2, il est bien dit que l’équipe qui aura marqué le plus grand nombre de buts remporte la victoire.
Et c’est un principe intangible même si, au-delà, la loi dit en cas d’égalité, elle permet aux règlements des compétitions nationales ou internationales de pouvoir dire s’il faut aller aux prolongations, aux tirs au but ou de choisir tout autre moyen pouvant déterminer le vainqueur lorsqu’il doit y en avoir un », explique-t-il. « À partir de ce moment, le Sénégal ayant eu un nombre plus élevé de but que le Maroc a remporté la victoire conformément aux dispositions intangibles des lois du jeu. Ces lois ne peuvent être dérogées par une quelconque instance qu’elle soit juridictionnelle ou administrative », dit-il formel. Voilà qui est clair.
Mouhamadou Lamine DIOP

