Dans un Maroc au ralenti, en cette fin de ramadan, l’annonce de la victoire des Lions de l’Atlas sur tapis vert, le mardi 17 mars 2026 au soir, a suscité de nombreuses réactions. Très peu de célébrations dans les rues, mais des milliers de messages sur les réseaux sociaux, beaucoup de commentaires. Du côté des officiels, la fédération marocaine a pris la parole rapidement, une demi-heure après la publication du communiqué de presse de la CAF. La balle est dans le camp du Sénégal, qui peut encore porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui statue en dernier recours.
La Fédération royale marocaine de football a déclaré « prendre acte de la décision rendue par la commission d’appel de la CAF ». Dans un texte de quelques lignes seulement, elle annonce qu’elle prendra la parole aujourd’hui, après la réunion de ses instances dirigeantes. Elle explique avoir toujours demandé « l’application du règlement de la compétition », sans jamais « contester la performance sportive des équipes engagées » lors de la dernière CAN.
Les joueurs réagissent
Sur les réseaux sociaux, des comptes marocains ont partagé hier des vidéos de Brahim Diaz, lors de son match en Ligue des champions face à Manchester City, tout sourire, au moment où il aurait appris la nouvelle. Idem pour Achraf Hakimi, regagnant le bus du PSG après la rencontre face à Chelsea, le sourire jusqu’aux oreilles. Des séquences très commentées, mais aucun joueur de la sélection marocaine n’a encore officiellement réagi à l’annonce de la CAF.
Sur les réseaux, le président de la Fédération royale, Fouzi Lekjaa, revient souvent. Des Marocains le considèrent comme le principal artisan de cette victoire face au Sénégal sur tapis vert qui ne pourra pas modifier entièrement le présent. Walid Regragui, l’ancien coach des Lions de l’Atlas, a en effet quitté la sélection il y a deux semaines, à la suite de cette CAN éprouvante. Certains lui ont rendu hommage dans leurs messages.
Pas d’euphorie
Quelques coups de klaxons sur la corniche de Casablanca, mais pas d’euphorie non plus. Le centre-ville est bien vide, personne n’est venu célébrer. « Je te mens pas y’a pas de joie », dit Achraf. Ce n’est pas comme ça que l’homme, un supporter des Lions de l’Atlas, avait imaginé remporter la CAN : « Même s’ils nous donnent la coupe, on n’aura pas vraiment le coeur à faire la fête, car la joie est partie le jour de la finale. Cette joie, on ne pourra pas la faire revenir. En fait, elle ne reviendra que lorsqu’on gagnera la prochaine CAN, sur le terrain. »
Croisé un peu plus loin, Hicham estime que la CAN revient de droit au Maroc : « Il y a un règlement. Il a été appliqué et on nous a rendu notre coupe. Le monde entier a vu ce qui s’est passé. On ne peut pas mentir. On ne l’a pas prise comme ça, on l’a méritée. Ce n’était qu’une question de temps. »
L’annonce de la CAF a surpris tout le monde, ici, à Casablanca. Elle s’est faite en soirée, en plein ramadan, alors qu’il pleuvait des cordes sur la capitale économique. Des circonstances qui expliquent peut-être le manque d’entrain. Il va falloir un peu de temps aux Marocains pour réaliser.
RFI
