Lors d’un point de presse ce jeudi à son siège, la plateforme Taxawu Sénégal s’est prononcé sur la tournure des événements lors du vote du maire Abass Fall. Des éclairages et des réactions pour donner sa part de vérité sur l’élection qui a enregistré le remplacement de Barthélémy Dias à la tête de la ville de Dakar. Face à la presse, Taxawu Sénégal dit faire face à des manipulations extérieures, des accusations infondées, malhonnêtes et dangereuses. Ainsi, estiment les partisans de Khalifa Sall, « il incombe au Sénégal non pas de s’affranchir de vaines justifications, mais de fournir aux Sénégalais des explications claires et rigoureuses afin de se prononcer et de mettre fin aux manœuvres politiciennes. »
Taxawu rappelle sa constance
Le 11 décembre 2024, la plateforme précise qu’une décision arbitraire de l’autorité administrative a injustement déclaré démissionnaire de ses fonctions le maire de Dakar, Barthélémy Dias. Face à cette forfaiture, Taxawu Senegaal engagea aussitôt le combat, à la fois politique et juridique, afin que « le maire légal et légitime de la capitale recouvre ses droits. » Depuis lors et jusqu’à ce jour, Seydina Issa Laye Samb qui parlait au nom de Taxawu indique que leur mouvement persiste dans cette dynamique, déployant sans relâche initiatives et efforts pour aboutir à un dénouement juste et heureux de cette affaire.
Or, ajoute-t-il, le 16 août 2025, l’autorité préfectorale a, à la surprise générale, demandé au maire intérimaire de convoquer le Conseil municipal, avec pour seul point inscrit à l’ordre du jour l’élection du maire de Dakar, précisant que cette décision émanait du Ministre des Collectivités locales. Face à cette situation, Taxawu Senegaal dit opter pour la responsabilité, en prenant l’initiative de rechercher une issue permettant de préserver le fauteuil de maire dans l’attente de l’arrêt que doit rendre la Cour suprême le 18 septembre 2025.
Ainsi, à l’issue de la réunion du Bureau municipal fixant au lundi 25 août 2025 la tenue du Conseil, il a été également décidé « de saisir la Cour suprême d’une requête tendant au sursis à exécution. Parallèlement à cette démarche judiciaire, « des consultations politiques furent engagées avec l’ensemble des élus de Taxawu Senegaal, y compris ceux ralliés aujourd’hui au mouvement Sénégal Biniou Bokk, ainsi qu’avec les leaders des deux camps », précise Taxawu qui rappelle que l’objectif poursuivi était de « favoriser l’émergence d’une candidature unique, conformément au vœu exprimé par nos alliés du FDR et de l’opposition. » Par la suite, au terme d’un processus démocratique, transparent et inclusif, qui a su conjuguer la pluralité des sensibilités et l’exigence de l’unité, il a été arrêté, dans un esprit de concorde et de responsabilité partagée, que « Ngoné Mbengue porterait, au nom de Taxawu Sénégal, la candidature à l’élection du maire. »
Le changement de Barthélémy Dias qui impressionne selon Taxawu
La plateforme Taxawu Sénégal dans sa prise de parole devant la presse ajoute que le choix du maire Barthélémy Dias était, depuis le début de la crise, « de soutenir la candidature du maire
intérimaire Ngoné Mbengue en cas d’élection pour deux raisons que lui-même avait clairement expliqué à ses partisans. » Le maire Barthelemy Dias considérait en effet que Ngoné Mbengue a été la première femme dakaroise à l’avoir publiquement soutenu en 2022 lorsqu’il était candidat au poste de maire de la Ville de Dakar. Il ajoutait aussi que celle-ci devait bénéficier de la jurisprudence Soham El Wardini.
Que s’est-il passé entre temps pour qu’à l’annonce de la date de l’élection, le maire Barthélémy Dias changea de position en choisissant de présenter la candidature de l’Adjoint au maire Pathé Bâ ? Que s’est-il passé pour qu’à la veille de l’élection, le maire DIAS changea radicalement d’option en appelant à
un boycott ? s’interroge les membres de Taxawu.
Ils rappellent que les partisans de Sénégal Biñu Bokk, pour étayer l’argument du boycott, évoquent le refus du maire de convoquer une réunion d’urgence du Bureau municipal le week-end et de saisir le Préfet d’un report de la date de l’élection.
Sur cette question du report en attendant la décision de la Cour suprême sur le référé, « les spécialistes consultés ont été clairs. La saisine du juge n’est pas suspensive », a rappelé Taxawu.
« En aucune manière, ni le maire ni le Bureau municipal n’ont la prérogative de faire reporter l’élection convoquée, faut-il le rappeler, sur demande du Préfet. Dès lors, notre responsabilité nous interdisait de cautionner un boycott dont l’efficacité judiciaire n’était assortie d’aucune garantie. Il ressort d’ailleurs de la distribution des votes, à l’issue du scrutin, que le boycott n’était adossé aussià aucune garantie arithmétique et ne pouvait avoir pour conséquence d’empêcher l’atteinte du quorum », ont précisé les partisans de Taxawu qui s’explique sur « l’impertinence du Boycott en prétextant la non atteinte du quorum.
« Malgré l’appel au boycott et les stigmatisations saugrenues, le conseil a battu un record de présence avec 88 votants dont cinq (5) procurations. La preuve, les 49 voix du Pastef, ajoutées aux 9 du PUR, établissent sans conteste que le quorum requis de 51 présents pour la tenue régulière de la session du conseil municipal se trouvait manifestement dépassé », jugent-ils en retenant « une leçon de moralité qui concerne le respect de soi, de ses semblables et de la parole donnée, une leçon politique qui touche à la cohérence des choix et à l’éthique de responsabilité et le réalisme
Un sentiment de trahison regrette Taxawu
Faisant appel à une leçon d’éthique qui interpelle la loyauté dans l’engagement collectif et la fidélité à un idéal commun, Taxawu Sénégal se désole de la tournure des événements au sein même de l’opposition qui doit faire face aux urgences. « Certains dans l’opposition, au nom d’intérêts immédiats, se détournent de leur engagement pour se rallier le camp du pouvoir qui, lui-même, n’hésite pas à trahir ses propres valeurs et à s’engluer dans des pratiques corruptrices, c’est tout le socle de confiance qui se trouve ébranlé », se désole Taxawu Sénégal qui regrette l’implosion de Taxawu Senegaal et de l’opposition au sein du conseil municipal a, de surcroît, offrant ainsi au Pastef « l’occasion de faire son marché infamant aux antipodes des valeurs républicaines. »
Enfin, Taxawu Senegaal réaffirme son ancrage indéfectible dans l’opposition, la seule posture politique qu’elle connait depuis sa mise en place. Elle invite les acteurs politiques à plus de retenue, moins d’émotions et de coup d’éclats. Car, si la politique est une guerre, c’est bien une guerre des idées dans la vérité.