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jeudi, mai 23, 2024
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Voici venu le temps du dénigrement

par pierre Dieme

Suite aux informations parues dans la presse et évoquant des fautes de gestions dont elle se serait rendue coupable à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE), pour «justifier» son limogeage de la tête de cette institution, Aminata Touré a réagi non seulement pour nier en bloc, mais surtout pour avertir qu’elle se réserve le droit d’ester en justice contre toute diffamation. La méthode du dénigrement, après une défénestration à des postes de responsabilité, est bien connue des Sénégalais, habitués par ce régime en place à voir des responsables accusés de mauvaises gestion, après leur évincement.

«Dans l’attente sereine de la passation de service avec le nouveau président du CESE, je voudrais informer l’opinion nationale et internationale que j’ai eu à diriger le Conseil économique, social et environnemental (CESE) pendant 16 mois en stricte conformité avec les règles et standards de bonne gestion. Les documents de vérifications sont en ordre et disponibles au niveau de l’institution, ainsi que ma déclaration de patrimoine déposée à l’OFNAC (Office National de la Lutte Contre la Fraude et la Corruption)», a déclaré la désormais ex-présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Un recadrage d’Aminata Touré, appelée Mimi, qui fait suite aux informations parues dans la presse, hier lundi, et évoquant des fautes de gestions et des recrutements de personnel dont elle se serait rendue coupable à la tête de ladite institution. Pour défendre sa réputation, l’ancienne Première ministre, écartée du nouveau gouvernement, a laissé entendre que «nul ne saurait, à cette étape de ma vie administrative et politique, ternir ma réputation et mon intégrité». Mieux, Mimi Touré a averti qu’elle se «réserve le droit d’ester en justice contre toute tentative de diffamation ou d’intimidation».

LA METHODE : ACCUSER, POUR «SALIR» LA REPUTATION DU RESPONSABLE, POUR LE «DISCREDITER»

La méthode consistant à «salir» la réputation de responsable (s) pour le/les «discréditer» aux yeux de l’opinion, par la diffamation ou l’intimidation, après un poste perdu, les Sénégalais commencent à s’en habituer. L’on se rappelle des accusations portées contre l’ancien Directeur général de la Société nationale de transport en commun, Dakar Dem Dikk (DDD). Parmi les raisons de son limogeage à la tête de DDD, Me Moussa Diop avait été accusé de malversation financière par un syndicat de la société de transport. D’ailleurs, certains responsables du régime en place, à l’image du coordonnateur de Macky 2020, Mohamed Moustapha Diagne, avait déclaré que «l’ex Directeur de DDD savait, avant sa fameuse sortie à la télé, qu’il allait être limogé. Il a juste évoqué la question pour ensuite se victimiser aux yeux de l’opinion». De manière voilée, il a fait savoir que le leader d’Alternative générationnelle Aj/Jotna allait être éjecté de son poste pour mauvaise gestion financière. De toute évidence, la robe noire politique ne s’est pas laisser faire, multipliant les sorties pour laver sa réputation.

AVANT MIMI TOURE ET ME MOUSSA DIOP, ABDOUL MBAYE, MOUSTAPHA DIAKHATE ET TAS «SALIS»

Il en est de même pour l’ancien président du Groupe parlementaire Bennoo Bokk Yaakaar (BBY), Moustapha Diakhaté. Limogé de son poste de ministre Conseiller, l’ancien député très acerbe contre le régime, sur les réseaux sociaux, avait été accusé de malversation par le député Djibril War. En effet, le parlementaire avait laissé entendre qu’«en plus de son salaire de 3 millions de député et de président du Groupe parlementaire, il (Moustapha Diakhaté) avait fait main basse sur des fonds du Groupe parlementaire BBY». Il avait ainsi évalué la somme totale à 600 millions de Franc CFA, durant les 5 années que M. Diakhaté a présidé le Groupe parlementaire de la majorité. Quid du cas de l’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye ?

Le régime en place n’a cessé de laisser entendre qu’Abdoul Mbaye a été limogé pour son «incompétence et son incapacité à faire bouger les lignes». Les plus acerbes avanceront ses «bourdes» comme raisons, notamment les accusations de complicité de blanchiment de capitaux dans le dossier Hissein Habré, ou encore le dossier judiciaire l’opposant à l’homme d’affaires Abdoulaye Diakité de la Société industrielle et de développement commercial (SIDEC). La polémique sur le limogeage ou la démission de Thierno Alassane Sall (TAS) de la tête du ministère de l’Energie est aussi révélatrice de l’ampleur du jeu de dénigrement qui existe après une défénestration. Tous les moyens sont bons pour dénigrer et ainsi ternir la réputation des anciens collaborateurs, surtout quand on sait que pour la plus part des cas, des ministres éjectés de leur fauteuil, avec fracas, par le président Sall ou démissionnaires de leur poste se sont retournés contre lui. Si, pour le moment, c’est la désormais ex-présidente du CESE qui fait l’objet d’attaques, il n’en demeure pas moins que dans les jours à venir, au-delà des accusations/ambitions de vouloir succéder au président Macky Sall, en 2024, ses camarades évincés du gouvernement, à savoir Amadou Ba, Aly Ngouille Ndiaye, Mouhamadou Makhtar Cissé, feront les frais de la part de certains du régime. Le hic, c’est que jamais quelqu’un qui a été accusé de malversation après son passage à un poste de responsabilité n’est inquiété par la justice.

Jean Michel DIATTA

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