Après un cycle 2021-2025 marqué par des performances solides, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) amorce une nouvelle phase de croissance. Avec son plan stratégique 2026-2030, baptisé « Djoliba, la suite », l’institution entend presque doubler ses engagements financiers tout en renforçant son impact économique, social et environnemental.
Au terme de son précédent plan quinquennal, la BOAD affiche un bilan robuste. Entre 2021 et 2025, elle a mobilisé 3 765 milliards de francs CFA, avec une progression annuelle moyenne de 11 % de son produit net bancaire et un taux de créances en souffrance contenu à 2,5 %. Cette dynamique a été soutenue par une opération majeure : une émission obligataire record d’un milliard d’euros sur quinze ans.
Les retombées des projets financés illustrent cette montée en puissance, avec des avancées notables en matière de création d’emplois, d’accès à l’eau potable, de capacités énergétiques et de production rizicole. Autant d’indicateurs qui traduisent un changement d’échelle assumé par l’institution, comme l’a souligné son président, Serge Ekué.
C’est dans ce contexte que ce dernier a ouvert, à Dakar, la 150e session du Conseil d’administration, organisée exceptionnellement sur deux jours, signe de l’importance des enjeux examinés. Il a salué les acquis du plan Djoliba 2021-2025, qui a permis de renforcer la solidité financière de la banque, sa crédibilité internationale et son impact socio-économique. Il a également mis en avant le rôle pionnier de la BOAD en matière de finance durable, notamment à travers ses émissions d’obligations hybrides.
L’institution a, par ailleurs, consolidé des partenariats stratégiques, notamment avec la Société financière internationale et Orange Mali, pour soutenir la connectivité numérique et l’autonomisation des femmes. Elle s’est aussi affirmée sur la scène internationale en portant la voix des banques de développement du Sud, à travers la présidence de l’International Development Finance Club.
Les perspectives pour 2026 confirment cette dynamique. La BOAD prévoit de mobiliser plus de 1 300 milliards de francs CFA pour appuyer le Plan national de développement de la Côte d’Ivoire, ainsi que 750 milliards pour le plan de relance du Burkina Faso. D’autres interventions sont annoncées, notamment dans la filière cajou en Guinée-Bissau et pour le financement de projets de résilience climatique au Bénin, au Burkina Faso et au Mali, avec l’appui du Fonds pour l’environnement mondial.
Forte de ces acquis, la banque ouvre un nouveau chapitre avec « Djoliba, la suite », structuré autour de trois priorités : renforcer l’intégration régionale et la souveraineté alimentaire et énergétique dans l’UEMOA ; promouvoir un développement social inclusif, en soutenant notamment les PME, la santé et le logement ; et intégrer pleinement les enjeux climatiques à travers la finance verte.
Pour atteindre ces objectifs, la BOAD ambitionne d’évoluer vers un modèle de groupe bancaire intégré, en s’appuyant sur des entités spécialisées comme BOAD Titrisation, BOAD Market Solutions et une structure dédiée au secteur privé. Elle entend également transformer en profondeur son approche des projets, en privilégiant l’exécution complète et l’impact concret.
En conclusion, Serge Ekué a rappelé la mission fondamentale de la banque : améliorer durablement les conditions de vie des populations en créant des opportunités et en suscitant de nouveaux espoirs.
En marge de cette session, il a annoncé la tenue, à Lomé, les 11 et 12 juin prochains, de la deuxième édition des « BOAD Development Days », consacrée à l’habitat durable, dans un contexte d’urbanisation croissante en Afrique de l’Ouest.
JEAN-PIERRE MALOU

