« D’abord, félicitations au Sénégal pour sa qualification en demi-finale. C’est une grande équipe, l’une des meilleures d’Afrique, et nous l’avons encore vu ce soir. Ensuite, je veux aussi clarifier certaines choses. J’ai lu que certains journalistes m’ont attribué des propos que je n’ai jamais tenus. Quand j’ai parlé hier (jeudi, Ndlr) du Sénégal, je n’ai jamais dit que nous étions plus forts qu’eux. J’ai simplement expliqué que, lors de notre parcours, nous avons affronté des adversaires comme le Maroc et la Tunisie, qui sont des équipes de très haut niveau. C’est tout. Dire autre chose est incorrect. Malheureusement, certains ont copié-collé ces propos erronés, et j’ai reçu beaucoup de messages à ce sujet ».
« Sur le match, je pense que le Sénégal a été meilleur que nous en début de rencontre. Mais le but encaissé est évitable. C’est une erreur individuelle, inutile à ce moment du match. Ensuite, notre gardien a réalisé une très grande performance, avec plusieurs arrêts décisifs. Le seul vrai défaut de notre prestation, c’est ce but concédé ».
« L’expulsion de notre capitaine est une décision correcte de l’arbitre, je l’ai dit à la mi-temps. Mais elle nous complique énormément la tâche. C’est le troisième match du tournoi où nous jouons longtemps en infériorité numérique. À dix contre onze, on ne peut pas prendre trop de risques trop tôt, sinon le match est terminé. Nous avons donc choisi d’avancer étape par étape, et dans les dix dernières minutes, nous avons tout tenté pour égaliser ».
« Je suis très fier de mon équipe, très fier de mes joueurs, de chaque individu, du staff. Pour moi, ce sont des héros. Perdre 1-0 en restant toujours dans le match, avec la possibilité d’égaliser jusqu’au bout malgré l’infériorité numérique, c’est une performance ».
« Concernant les choix tactiques, on ne saura jamais ce qui se serait passé à onze contre onze. Après le match, on peut toujours refaire l’histoire. Peut-être qu’on aurait marqué en premier, peut-être qu’on en aurait encaissé trois. On ne le saura jamais. Nous avions un plan, et nous pensions que c’était le meilleur ».
« Sur le fait de rejouer encore contre le Sénégal et d’être éliminé par eux, je dirais que si c’est la seule équipe contre laquelle je perds, je peux l’accepter. Le Sénégal est une grande nation de football, championne d’Afrique, qualifiée pour la Coupe du monde. Ce n’est pas un problème particulier, c’est une question de qualité ».
« Guerre », un simple vocabulaire sportif
« Quand j’ai utilisé le mot “guerre” avant le match, je parle de football, pas de guerre entre des pays. C’est un vocabulaire sportif, utilisé depuis toujours en Europe. Je respecte profondément le Sénégal. Je suis Gambien, africain, et fier de l’être. Sur le terrain, on se bat pour gagner, c’est tout ».
« Concernant mon avenir, je suis évidemment déçu de sortir en quarts de finale. Mais quand on regarde le parcours du Mali sur les six dernières CAN, ce n’est pas une mauvaise performance, même si ce n’est pas la meilleure. Je n’ai pas encore réfléchi à mon futur. J’ai une excellente relation avec mes joueurs, mon staff et la fédération. Nous allons analyser calmement et voir pour la suite ».
« Je n’ai aucun mauvais sentiment. Bonne chance au Sénégal pour la suite du tournoi. »
Par Abdoulaye THIAM
(Envoyé Spécial)

