La position structurelle de liquidité des banques au Sénégal s’est améliorée de 336 milliards de FCFA par rapport à la même période de 2024, selon le rapport sur les Développements économiques récents et Perspectives du Sénégal rendu public mercredi par le ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération.
Au Sénégal, fin décembre 2025, la position structurelle de liquidité des banques (trésorerie propre) demeure déficitaire. Mais, selon le rapport sur les Développements économiques récents et Perspectives du Sénégal, rendu public mercredi par le ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération, elle s’est améliorée par rapport à la même période de 2024.
« La position de liquidité négative est passée de 652 milliards de FCFA à fin décembre 2024 à 315 milliards de FCFA à fin décembre 2025, soit une amélioration de 336 milliards de FCFA. S’agissant de la liquidité bancaire brute, elle s’est établie à 1207 milliards de FCFA à fin décembre 2025, en hausse de 444 milliards de FCFA par rapport à la même période de 2024 », renseigne le document.
Cette progression s’explique, d’après la même source, par une incidence positive des facteurs autonomes à hauteur de 337 milliards de FCFA, conjuguée à une augmentation de 107 milliards de FCFA de l’encours du refinancement monétaire auprès de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
« Le système bancaire sénégalais a présenté un niveau de capitalisation globalement satisfaisant à fin juin 2025. Le ratio moyen de solvabilité s’est établi à 14,76%, nettement au-dessus du minimum réglementaire de 11,5%, traduisant une capacité renforcée d’absorption des pertes », lit-on dans le rapport.
1014,7 milliards de FCFA de fonds propres effectifs
Concernant, les fonds propres effectifs, ils ont atteint 1014,7 milliards de FCFA, confirmant le renforcement de la base capitalistique des établissements. Le ratio de levier est ressorti à 7,25%, largement supérieur au seuil minimal de 3 %, ce qui témoigne d’un niveau d’endettement maîtrisé.
« Cependant, la persistance d’infractions à certaines normes prudentielles, notamment en matière de division des risques et de solvabilité pour certains établissements, souligne la nécessité de renforcer le suivi de la conformité réglementaire », souligne le texte.
En 2025, l’exposition du système bancaire aux titres publics a fortement augmenté, l’encours détenu par les banques passant de 998 milliards à 2 225 milliards de FCFA en un an. Cette progression s’inscrit dans une intensification du recours au financement domestique.
Dans l’ensemble, poursuit le rapport, cette dynamique reflète un positionnement plus actif des banques sur les titres souverains et contribue au développement du marché financier régional.
Elle soulève néanmoins des enjeux macroprudentiels, notamment en matière de concentration des risques souverains et de potentiel effet d’éviction à moyen terme, notamment si le volume de refinancement de la banque centrale devait baisser pour des contraintes de réserves de change.
Mariama DIEME
