Pourquoi la victoire du Sénégal continue-t-elle de susciter autant de débats, quand d’autres parcours passent sans véritable examen ? La question se pose d’autant plus légitimement lorsqu’on observe, avec un minimum de rigueur, le déroulement de cette compétition.
Le Sénégal, sur le plan sportif, a livré un parcours sans aspérité majeure. Des matchs maîtrisés, gagnés dans le respect des règles, une équipe disciplinée, rarement mise en danger, et surtout constante dans l’effort. Rien, objectivement, ne permet de contester ce titre sur le terrain.
Et pourtant, la polémique s’invite. Elle s’installe presque mécaniquement, comme si le succès sénégalais appelait systématiquement une relecture suspicieuse.
Dans le même temps, le parcours du Maroc soulève des interrogations bien réelles. Plusieurs rencontres ont alimenté les discussions, notamment face au Cameroun, à la Tanzanie et aux Comores. Des décisions arbitrales discutées, des faits de jeu qui ont pesé, des débats qui ont existé, sans jamais vraiment s’imposer dans l’analyse officielle. Le contraste est saisissant.
Il ne s’agit pas d’opposer le Sénégal au Maroc, encore moins de nier les qualités sportives de l’équipe marocaine. Mais l’exigence d’équité ne peut être sélective. On ne peut pas, d’un côté, scruter chaque victoire sénégalaise à la loupe et, de l’autre, refermer rapidement le dossier quand les questions concernent d’autres sélections.
Le football africain gagnerait à assumer une lecture plus honnête de ses compétitions. Car la crédibilité d’un tournoi ne se mesure pas seulement à la qualité du spectacle, mais aussi à la constance de ses standards.
Le Sénégal n’a rien volé. Il est champion parce qu’il a été le plus rigoureux, le plus régulier, le plus prêt. Et c’est peut-être cette clarté-là, face aux zones d’ombre ailleurs, qui dérange encore.
Papa Abdoulaye SY

