Face aux informations relayées dans la presse concernant le recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais dans la sous-région, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a publié un communiqué pour lever toute équivoque et rappeler le cadre légal qui encadre la mobilité universitaire.
Dans un communiqué rendu public ce dimanche, le MESRI déplore « certains traitements médiatiques assimilant ces recrutements à une perte d’attractivité du système universitaire sénégalais, voire à une « fuite des cerveaux » ou à une dévalorisation de l’université nationale ». Le ministère précise que la mobilité des enseignants-chercheurs n’est ni nouvelle ni problématique en soi, dès lors qu’elle s’inscrit dans un cadre juridique bien défini.
Le ministère souligne que les universités publiques sénégalaises figurent parmi les plus attractives de la sous-région, notamment grâce à la qualité de leur environnement académique et à la valorisation continue des rémunérations. Celles-ci compteraient parmi les plus élevées dans l’espace francophone d’Afrique subsaharienne.
Selon le MESRI, de nombreux universitaires venus d’Afrique et d’Europe ont fait le choix de travailler au Sénégal, renforçant ainsi l’attractivité et la qualité des ressources humaines du système universitaire national. Une dynamique qui s’inscrit, précise le ministère, dans une logique d’ouverture et de coopération, particulièrement dans le cadre de l’intégration africaine.
Concernant les enseignants-chercheurs en activité dans les universités publiques sénégalaises, le MESRI rappelle que la loi n°61-33 du 15 juin 1961, relative au statut général des fonctionnaires, consacre le principe de l’exclusivité de l’emploi dans la fonction publique. Ce principe est précisé, pour le personnel enseignant des universités, par l’article 11 de la loi n°81-59 du 9 novembre 1981.
À ce titre, le ministère indique qu’un enseignant-chercheur sénégalais ne peut être engagé par contrat de travail dans la fonction publique d’un autre pays, sauf dans le cadre de mécanismes de coopération dûment ratifiés et de la délivrance de « fonctions de services » prévues par les textes en vigueur. C’est dans ce contexte que le MESRI a demandé aux recteurs des universités publiques de vérifier les informations faisant état de tels recrutements.
Coopération Sénégal–Guinée
Le communiqué évoque également la signature, le 23 mai 2025 à Conakry, d’un protocole d’accord entre les gouvernements du Sénégal et de la Guinée sur la coopération universitaire et scientifique. Cet accord prévoit la mobilité des enseignants et des étudiants, dont les modalités de mise en œuvre seront précisées par un comité de suivi et rendues publiques en temps opportun.
Enfin, le MESRI appelle les recteurs et chefs d’établissement à veiller au respect scrupuleux de la réglementation en matière de gestion administrative des personnels enseignants et de recherche, afin de prévenir tout cumul d’emplois irrégulier. Le ministère salue par ailleurs les efforts quotidiens consentis par l’ensemble des acteurs universitaires et compte sur leur sens élevé des responsabilités pour assurer le bon fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur.

